C’est le départ inattendu de Kailash Purryag pour Harare en vue de participer à la cérémonie d’investiture de Robert Mugabe, reconduit pour un nouveau mandat à la présidence du Zimbabwe au terme d’un scrutin contesté, qui a provoqué tout ce chambardement au sommet de l’État et du judiciaire. Il semblerait que cette escale au Zimbabwe ne faisait absolument pas partie des plans du président de la République et c’est ce qui expliquerait d’ailleurs que la vice-présidente Monique Ohsan-Bellepeau ait pu faire le déplacement qu’elle avait prévu en accord avec Kailash Purryag.
Les indications sont que c’est le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui a décidé de cette participation du président aux festivités de Robert Mugabe à son retour du Malawi lundi après avoir participé au sommet de la Southern Africa Development Community où les télévisions du monde l’ont vu affichant une grande complicité avec le président du Zimbabwe.
Navin Ramgoolam s’est d’ailleurs publiquement vanté d’avoir réalisé un grand exploit lors de ce sommet, celui d’avoir réconcilié et rapproché le président du Bostwana, Seretse Ian Khama, et le président Robert Mugabe. Le Botswana a été un des premiers pays à avoir mis en cause les conditions de la réélection du président du Zimbabwe.
Il faut dire que Maurice aura été un des six pays qui ont été présents, jeudi, pour le grand show mugabien, alors que ce ne sont pas moins de 40 invitations qui avaient été lancées pour cette activité. Aux côtés de Maurice, dont certaines dépêches persistent à désigner Navin Ramgoolam comme «le président de la République», Joseph Kabila du Congo, Obiang Nguema Bassogo de la Guinée Équatoriale, Jakaya Mrisho Kikwete de la Tanzanie, Armando Guebusa du Mozambique et Hifikepunye Pohemba de la Namibie.
Les absences remarquées à cette cérémonie qui s’est déroulée dans un grande stade de Harare le 22 août étaient le Premier ministre sortant du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, qui conteste les résultats du dernier scrutin, et même le président sud-africain, Jacob Zuma.