Une hausse du nombre d’accidents fatals a été enregistrée au cours du premier trimestre cette année comparativement à la période correspondante en 2011, soit trente contre 26. Toutefois, le nombre de victimes est légèrement inférieur. Au 31 mars dernier, 35 personnes avaient été tuées dans des accidents de la route alors que de janvier à mars de l’année dernière, le nombre était de 38, avec notamment le drame de Camp-de-Masque où onze passagers d’un van effectuant le transport d’employés avaient été tués sur le coup.
Le mois de janvier de cette année a enregistré huit victimes dans huit accidents de la route, soit la moitié du nombre pour le mois correspondant l’année dernière. Le nombre de victimes sur les routes est passé à 12 pour dix accidents en février puis à 15 le mois dernier contre 14 en mars 2011.
Entre-temps, les autorités policières comptent mettre les bouchées doubles pour renforcer le contrôle dans des black spots ou encore dans les zones à risques. La Traffic Management and Road Traffic Safety Unit met l’accent sur la nécessité de sensibiliser les automobilistes au respect des limitations de vitesse imposées ainsi qu’au code de la route. Dans cette perspective, les automobilistes doivent s’attendre à une présence policière plus soutenue sur les routes aussi bien qu’à la mise en opération de speed cameras dans les jours à venir.
En ce qui concerne l’accident survenu à Sorèze samedi, qui jusqu’ici a fait deux morts, l’expertise de la police réalisée sur le camion-remorque immatriculé 3969 ZT 02, transportant une cargaison de poulet frigorifié, a confirmé la thèse des freins défectueux comme étant sa cause. Une expertise minutieuse du système de freinage du camion a été déterminante à cet effet. L’enquête policière se poursuit en vue d’établir dans les détails les circonstances de ce drame.
Ainsi, outre la déposition de l’aide-chauffeur Jacques Désiré Laval Bhugon, 53 ans, qui confirme les affirmations du chauffeur tué, Luc Clifford Lascarie, 44 ans, selon lesquelles le camion faisait face à de graves ennuis mécaniques depuis le rond-point de Nouvelle-France, un autre témoignage du déroulement de l’accident s’avère crucial.
Un ingénieur travaillant sur le chantier de construction de l’underpass dans le cadre du projet de la Port Louis Ring Road a été entendu par les enquêteurs de la police. Il soutient qu’il se trouvait dans les parages de la station-service d’Indian Oil de la Nationale quand son attention a été attirée par des klaxons de panique venant d’un camion descendant vers Port-Louis. En relevant la tête en direction de ces bruits, cet ingénieur devait voir un camion dévalant ce tronçon de l’autoroute à toute vitesse avec les phares allumés comme pour avertir d’un danger imminent.
Dans un premier temps, un autobus se dirigeant vers Port-Louis avec son plein de passagers et roulant devant le camion devait céder le passage à ce dernier en s’immobilisant complètement dans la slow lane. À ce moment précis, le camion-remorque s’était engagé dans la voie rapide de l’autoroute pour tenter d’amorcer les 600 mètres du virage de Sorèze, considéré presque unanimement comme celui de tous les dangers.
Mais très vite, la situation devait se détériorer avec la partie avant du camion-remorque heurtant de plein fouet le parapet au beau milieu de l’autoroute. Le poids lourd s’est renversé sur sa droite tout en se dirigeant vers la voie montante de la Nationale. La remorque devait heurter la camionnette immatriculée 5688 ZT 01 de l’autre côté de la voie. Presque 150 mètres de parapet ont été complètement endommagés.
La police tente actuellement de comprendre comment la Toyota 380 JN 07 conduite par Ishwurlall Bonomaully, aussi connu sous le nom de Vikash, 44 ans, Lead Analyst au ministère des Finances, a été impliquée dans cet accident. Les occupants de cette voiture ont pu rentrer chez eux dès samedi. Mais Vikash Bonomaully, encore sous l’effet du choc, n’a pas été en mesure en début de semaine de consigner sa version des faits à la police.