Le groupe bancaire Barclays PLC a confirmé hier qu’il se retire du continent africain et qu’il compte, à cet effet, diminuer considérablement sa participation dans Barclays Africa Group Ltd. Barclays PLC ramènera, sur les deux ou trois prochaines années, sa part (62,3 % du capital) dans Barclays Africa à un niveau permettant sa reconsolidation comptable, et ce, en termes de régulation. Dans les milieux de Barclays Mauritius, on fait comprendre que cette décision de Barclays PLC ne change rien au niveau des opérations locales. Barclays Mauritius est une filiale à 100 % de Barclays Africa.
Le retrait de Barclays PLC de Barclays Africa a été confirmé dans le rapport financier du groupe bancaire pour l’exercice se terminant au 31 décembre 2015. Ce rapport indique que le groupe aura un “non-controlling investment” dans Barclays Africa sur le long terme et qu’il focalisera ses opérations sur deux principales divisions, à savoir Barclays United Kingdom et Barclays Corporate & International, qui dégagent une rentabilité des fonds propres supérieure à 10 %.
Selon la direction du groupe, Barclays Africa représentait de gros risques, car il avait très peu de contrôle sur les risques de liquidités de Barclays Africa. Tout en reconnaissant que Barclays Africa est une entreprise avec des activités bien diversifiées et une franchise de haute qualité, Barclays PLC fait ressortir que sa participation dans Barclays Africa présentait des défis spécifiques pour les propriétaires.
L’annonce de Barclays intervient au terme de 2015, une année assez difficile durant laquelle sa perte nette a doublé pour s’élever à 394 millions de Livres Sterling, malgré un produit net bancaire stable (+ 1 %) à 23,3 milliards de Livres Sterling. Les résultats du groupe britannique ont été particulièrement affectés par une envolée de provisions versées dans un scandale d’assurances-crédit au Royaume-Uni (PPI), soit 2,2 milliards de Livres de provisions (2,8 milliards d’euros), contre 1,3 milliard en 2014.
Le groupe Barclays n’a pas indiqué la part qu’il compte vendre dans Barclays Africa. Opérant sous l’enseigne Absa en Afrique du Sud, la filiale africaine de Barclays est présente dans une douzaine de pays du continent, dont Maurice. Elle emploie quelque 45 000 personnes dans plus de 1 200 succursales. La filiale africaine est issue du rapprochement en 2013 entre Absa, alors détenue à 55 %, et ses autres succursales africaines.
Barclays Africa est présente dans les pays suivants : Afrique du Sud, Botswana, Ghana, Kenya, Maurice, Mozambique, Ouganda, Seychelles, Tanzanie et Zambie. Elle a également des bureaux de représentation en Namibie et au Nigeria. Quant au groupe Barclays PLC, il a des opérations en Égypte et au Zimbabwe.
La décision de Barclays PLC de se retirer d’Afrique graduellement « n’est pas une surprise », fait-on remarquer dans les milieux bancaires. Elle faisait l’objet de spéculations sur les places financières internationales depuis plusieurs mois. Dans un communiqué émis hier, Maria Ramos, Group Chief Executive de Barclays Africa, soutient que le retrait de Barclays PLC « is not a reflection on our business, our strategic direction or the performance of the economy in South Africa ». Maria Ramos a fait comprendre que l’avenir de Barclays Africa est très brillant et que son ambition d’être une « leading bank » en Afrique n’a pas changé. Barclays Africa, a-t-elle ajouté, est « deeply committed to the success of our continent ».
Avec une capitalisation estimée à 121,6 milliards de rands au 31 décembre 2015, Barclays Africa a enregistré pour l’exercice financier 2015 une croissance de 6 % de ses revenus, qui se sont chiffrés à 67,2 milliards de rands. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires s’est élevé à 14,3 milliards de rands.
Interrogé sur le retrait graduel de Barclays PLC de Barclays Africa, Jennifer Johnson, Head of Strategy, Marketing and Corporate Relations de Barclays Mauritius, a affirmé que « cette décision n’affecte en rien les opérations locales vu que Barclays Mauritius est détenue à 100 % par Barclays Africa ». Et d’ajouter : « It’s business as usual. »