Nous arrivons à Avignon vers 20h30. La vieille ville médiévale, qui a conservé ses remparts, s’élève devant nous, majestueuse, nous transportant dans une autre ère mais avec le confort et la technologie d’aujourd’hui. Cette subtile intégration de la modernité dans les structures d’antan a un prix, mais le jeu en vaut la chandelle.
La France est le pays même de la culture et cela ne date pas d’hier ; ce n’est pas Louis XIV qui nous dira le contraire ! C’est d’ailleurs largement pour cet art de vivre légendaire qu’elle est la destination préférée des voyageurs avec près de 84 millions de touristes par an ! Il lui serait déplacé, voire suicidaire, de morceler et bétonner son passé au nom de quelque gain à court terme des plus indélicatement intéressés.
Il faut dire qu’Avignon n’est pas n’importe quelle ville. Elle fut un haut lieu de la chrétienté abritant, au 14e siècle, le siège pontifical d’Occident, ce fameux palais des papes, patrimoine mondial de l’Unesco et plus grande structure gothique européenne.
Hormis sa belle cathédrale Notre Dame des Doms, ses sympathiques jardins, ses ruelles en pierre et ses bâtiments rustiques, Avignon est surtout connu pour son célèbre pont où on y danse tous en rond depuis des siècles de par le monde ! Une farandole planétaire qui fait déplacer 400,000 visiteurs chaque année pour y danser pour de vrai.
Reliant une rive du Rhône à l’autre, le pont d’Avignon était dans le temps doté de 23 arches, il ne lui en reste que 4 avec les aléas du temps et des guerres d’antan. Il ne sert plus à rien car il s’arrête au beau milieu du fleuve, mais ils veulent tous visiter cette structure médiévale qui se marie si bien au décor !
J’attends d’ailleurs une bonne quinzaine de minutes pour voler une photo, au milieu d’un groupe de Japonais, afin d’immortaliser ma visite du pont. Elle est payante mais ô combien édifiante avec un guide audio pour mieux saisir la pertinence historique des lieux.
Je m’en abreuve, emporté par la vue imprenable du Rhône et des remparts de la ville au-delà desquels se dessinent les contours de ses magnifiques édifices. Non, je n’y danse pas ce jour-là et je n’y danserai pas si j’avais l’occasion d’y aller encore une fois.
Je danserai sur les rives de la rivière Lataniers, le jour où elles feront vivre la berceuse « la rivière Tanier » connu des Mauriciens aux quatre coins du monde ; je danserai sur l’ancien pont de Grande Rivière, témoin d’une riche histoire, carrefour phare du printemps des étudiants de Mai-75. Je danserai devant le Plaza, le Théâtre de Port-Louis… Je danserai lorsque nous aurons pris la mesure de notre riche passé culturel et que nous commencerons à lui faire la part belle !