Un des spots de surf les plus prisés du pays, la baie de Tamarin, vit une fois de plus une période de tension. Agressions physiques ou verbales alléguées et menaces témoignent d’une vraie campagne de terreur pour le contrôle des lieux. L’objectif serait de s’approprier les meilleures vagues et de garder les « intrus » – les touristes — à l’écart. Dans la région on en parle à mi-voix tandis que certains opérateurs touristiques attribuent la baisse de la fréquentation de la plage à cette situation.
« Surf li kouma enn ladrog pou bann ki vinn la. Kouma enn vag zot pou vini mem katrer dimatin ek zot pa kontan si ou rod pran mem vag ki zot. » La cinquantaine, cet habitant de Tamarin rencontré sur la plage raconte qu’il y a eu des incidents en mer. Ceux en cause seraient une quinzaine de jeunes de la localité qui évoluent dans l’un des groupes qui viennent surfer à Tamarin. Ils feraient régner la terreur parmi les touristes et les nouveaux venus pour « protéger » leur spot et en garder l’exclusivité. Des cas d’agressions ont été rapportés à la police.
Vague de terreur.
Parmi les victimes : Olivier Grunitzky. Ce touriste Français qui vient régulièrement en vacances à Maurice depuis une quinzaine d’années explique avoir été malmené sur la plage et dans l’eau par des surfeurs qui lui ont intimé de ne pas revenir dans la région. Ce qui le « choque » c’est l’impunité dont les présumés agresseurs jouissent. Selon lui, les autorités policières ont été informées de cette situation mais aucune sanction n’a été prise jusqu’à présent. Il tient pour preuve l’agression dont a été victime un couple italien quelques semaines après lui, soit vers la fin du mois de juillet dernier. Si lui a copieusement été insulté, son ami a eu moins de chance. Il aurait reçu un coup de poing au visage et aurait été menacé de mort. « Si tu reviens on te tue », lui aurait lancé l’un de ses assaillants. Depuis, son épouse qui a été témoin de cette agression est traumatisée et le couple ne souhaite plus remettre les pieds à Tamarin.
Contrôle.
Un jeune surfeur de la localité tente, lui, d’expliquer ce comportement. « Il ne faut pas croire tout ce que les gens racontent. S’il n’y avait pas eu un contrôle par les surfeurs locaux, la baie aurait été envahie et il n’y aurait plus de place pour faire du surf tranquillement. » Pour lui, les locaux qui s’imposent auprès des autres ne souhaitent que faire respecter un certain code de conduite en mer afin d’éviter des accidents car tout le monde ne peut prendre la même vague. Il affirme aussi que les accusations faites sont injustes. « Ils le font pour que les Mauriciens puissent surfer dans leur pays et qu’il n’y ait pas d’anarchie. »
Ces agissements ne sont évidemment pas au goût de tout le monde. Des habitants et des pêcheurs de la région ont décidé de prendre certaines mesures. C’est ainsi que l’association des pêcheurs de Tamarin a été formée afin de veiller à ce qu’il n’y ait pas de dérapage. Des rencontres avec les garde-côtes, la Beach Authority et les surfeurs ont été organisées afin de résoudre ce problème. Ce regroupement déplore cette situation qui n’a que trop duré et qui affecte également les commerces de la région car ils accueillent de moins en moins de touristes. Un pêcheur qui s’affairait à nettoyer son bateau abonde dans le même sens. Voulant rester anonyme, il explique : « peser, sofer taxi, restoran ek bann lezot komers bien afekte par sa problem-la. Lanbians-la pa bon ditou. Sa bann konfli-la pe gat limaz pei ek pe menas nou lekonomi. Touris amenn kas dan pei, zot zot pe pouss zot. Si pa ti ena bann surfer etranze mo pa ti pou kapav vinn enn bon surfer ki kapav reprezant Moris lor plan internasional. »