L’Union européenne accordera son soutien à une seconde phase du programme “SmartFish” pour une période de trois ans et demi. Une enveloppe d’aide d’un montant de 16 millions d’euros (Rs 640 M) est prévue à cet effet. C’est ce qu’a annoncé hier Cécile Tassin-Pelzer, chef de la section en charge de la coopération régionale de la délégation de l’Union européenne à Port-Louis, à l’ouverture d’un séminaire à l’hôtel Voilà sur la pêche illégale non déclarée et non réglementée dans la région.
Cécile Tassin-Pelzer a félicité la  Commission de l’océan Indien (COI) et son équipe « pour le grand nombre d’activités qui ont été réalisées dans le cadre du programme “SmartFish” depuis le démarrage de celui-ci en février 2011 à travers toute la région Afrique orientale et australe ( océan Indien), tant au niveau de la pêche maritime que de la pêche dans les lacs et de l’aquaculture ».
La représentante de la délégation de la Commission européenne a observé que la phase actuelle du programme “SmartFish” se termine cette année et que l’Union européenne (UE) a décidé de continuer à soutenir la région en approuvant une seconde phase du programme pour une période supplémentaire de 3 ans et demi, dotée d’un budget de 16 millions d’euros. Ce montant alloué à la deuxième phase  s’ajoute aux 21 millions d’euros de la première phase, portant l’enveloppe de l’aide européenne à ce projet à pas moins de 37 millions d’euros en appui au secteur de la pêche dans cette grande région. Cette aide passe à travers le partenariat entre l’UE et la COI.
Le programme “SmartFish” concerne une large variété d’activités, dont la pêche, la gouvernance, le contrôle et la surveillance, le commerce et la sécurité alimentaire. Il implique une large gamme de parties prenantes et de décideurs, à l’instar de gouvernements, d’acteurs de la société civile, du secteur privé et d’Ong, d’organisations régionales de pêche et de Communautés économiques régionales. Finalement, il touche pas moins de cinq communautés économiques régionales et 22 pays.
La phase II du programme “SmartFish” démarrera en mars prochain. Cette seconde phase sera basée sur des
critères développés au cours de la phase I pour une sélection
de pêcheries, identifiées pour leur rôle dans la croissance économique et la sécurité alimentaire de la région.
Par ailleurs, les hauts responsables de la  surveillance des pêches des Comores, du Kenya, de Madagascar, de Maurice, de la Tanzanie et des Seychelles sont réunis à l’hotel Voilà pour débattre de leurs priorités communes en matière de lutte contre la pêche illégale. Cet atelier régional, financé par l’UE, est organisé par le programme “SmartFish” de la COI.
Au cours de cet atelier, chaque pays doit analyser les menaces le concernant en termes de pêche illégale. Cet exercice d’évaluation des plans nationaux permettra de générer les outils de planification nécessaires pour les années à venir. « Cette réflexion nous permet de savoir exactement où les ressources sont les plus demandées », explique Mauree Daroomalingum, directeur de la pêche de Maurice.
Au niveau mondial, la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), représente près de 10 à 23 milliards de dollars de pertes chaque année. Le commerce de poissons capturés illégalement est estimé entre 11 et 25 millions de tonnes, ce qui pourrait représenter 20% des ressources mondiales.  
La pêche INN épuise les stocks et sape les efforts déployés pour assurer leur pérennité et leur renouvellement. C’est pourquoi, depuis 2007, la COI a mené près de 38 patrouilles régionales et contrôlé plus de 400 bateaux dans la zone exclusive économique de l’océan Indien. « Ces dernières années, la pêche INN est devenue un des dossiers internationaux prioritaires des décideurs responsables de la pêche », affirme Léon Martial Razaka, chargé de mission et responsable du volet « croissance régionale bleue et verte » auprès de la COI. « Les pouvoirs publics du monde entier ont intérêt à intensifier leurs efforts pour la combattre, à harmoniser autant que possible leurs techniques de surveillance et de contrôle », reprend-il.
Durant les deux dernières années, le programme “SmartFish” a mené des actions de plaidoyer auprès des cadres gestionnaires des pays du lac Victoria et de l’océan Indien. Il a également dispensé des formations pour les inspecteurs de pêche et a octroyé une  subvention de plus d’un million d’euros.