« Je donne raison aux camarades des fédérations et associations socioculturelles qui sont à mes côtés, aujourd’hui. Ces deux chansons de Susheela Raman, une artiste talentueuse que l’on respecte, soit dit en passant, ne font certainement pas l’unanimité parmi la communauté tamoule. Ils sont d’avis que ces chansons blessent leurs susceptibilités religieuses et Susheela Raman ne fait pas, en ce sens, l’unanimité. J’ai personnellement regardé sur YouTube et j’ai constaté ce que ces personnes revendiquent. Je suis entièrement d’accord avec eux. » Mookhesswur Choonee a ainsi résumé sa prise de position dans l’affaire qui a défrayé la chronique depuis le samedi 26 mai quand durant son concert, l’artiste britannique Susheela Raman, a déclaré publiquement que « some tamil groups here have objected to us singing “Paal”. I am very sad since this same song has been sung in the seat of Muruga, in Tamil Nadu, and it has been accepted there ».
Hier après-midi, le ministre Choonee était entouré de divers représentants de fédérations et d’associations socio-religieuses, nommément, Veeren Coomaren du Tamil Cultural Centre et du Dr Jeevendiren Chemen, de la Tamil Speaking Union, à son bureau, pour tenir ce « point de presse ». « Je ne suis pas le ministre de la religion, devait-il préciser d’emblée. Cependant, les responsabilités d’un ministre impliquent qu’il doit donner son feu vert quand il s’agit de promouvoir l’art, le théâtre, les artistes et la culture. Nous donnons l’occasion et un sérieux coup de main à tous les artistes locaux de créer et de s’épanouir. » Il a ajouté : « Cependant, quand un artiste vient de l’étranger se produire chez nous, nou bizin gete ki li pa tous bann siseptibilite okenn kominote. Fode pa ki seki li pou fer deranz sistem belief, pou pa dir relizion. » M. Choonee admet que « certes, nous sommes en faveur et nous encourageons la nouveauté. Mais il faut que celle-ci fasse l’unanimité. »
Dans ce même ordre d’idées, le ministre des Arts et de la Culture devait signaler : « Un artiste étranger ne peut venir s’imposer aux Mauriciens. Dans le cas de Susheela Raman, des membres des associations ont émis leurs réserves et le show a tout de même eu lieu. » Et de souligner que « nous, au gouvernement, quel que soit l’organisme, que ce soit mon ministère, le MGI ou la MTPA, par exemple, quand nous organisons un événement, des concerts, des spectacles, le Festival Kreol, par exemple, nous passons au crible le CV de l’artiste afin d’être sûrs que sa performance ne blessera personne. Aucun élément ne doit venir déranger les sensibilités religieuses de toutes les communautés vivant ici ». Sur ce point, le ministre Choonee devait émettre l’idée qu’« éventuellement, si le gouvernement avait été involved, même si ce concert relève d’une initiative du privé, peut-être que cet impair aurait pu être évité… »
Le ministre, rappelant que « Maurice est probablement le seul pays au monde où le gouvernement donne des subsides aux associations religieuses », a rappelé que « nous sommes tous Mauriciens et nous devons rester within the boundaries afin de ne blesser aucune susceptibilité. Je tiens à rassurer toutes les communautés qu’aussi longtemps que je serais ministre, ce gouvernement fera tout pour éviter toute erreur envers quelque communauté. »