La Sud-Africaine Suzanne Williams, professionnelle de l’humanitaire et experte en dynamique des genres, est consultante auprès de Men Against Violence (MAV) dans le cadre d’une vaste campagne de sensibilisation. Sa mission à Maurice : former des agents du changement…
Le féminisme n’émascule pas. Message fort que tente d’ancrer le MAV dans la conscience mauricienne. Suzanne Williams devait la semaine dernière, lors d’une rencontre à l’hôtel The Link à Ébène, abonder dans ce sens. Faisant bénéficier de son expertise en la question, cette dernière revient aux bases des concepts de masculinité et de féminité : « À la naissance, un être humain n’a aucune préconnaissance de ce qu’est le féminin, le masculin. Ce sont des notions édifiées à travers un processus de socialisation. » Elle évoque ainsi une possible refonte de ces idées reçues afin que l’homme puisse, en quelque sorte, prendre une dimension plénière en dépassant les stéréotypes. Notre société, dit-elle, aurait tendance à confondre virilité et machisme, d’où le danger que le combat contre ce type de violence ne soit perçu comme exclusif aux femmes. La violence à l’égard de celles-ci, dit-elle, devrait concerner la société dans son ensemble.
Il n’est, cependant, pas toujours aisé de condamner la violence quand nous vivons dans un environnement assailli par l’image. Un constat s’impose : les médias (de types vidéo-clips, entre autres) couvent une « sexualisation à outrance », un culte de la femme objet. Mais au-delà d’une production audiovisuelle, Suzanne Williams évoque le sous-entendu insidieux de certains slogans dont sont frappés certains t-shirts. La mode devient souvent le véhicule d’une culture urbaine qui mélange franc-parler et manque d’élégance.
Néanmoins, « on n’arrête pas l’image », soutient l’experte. Et d’ajouter : « Nous devons doter les jeunes de certains outils de discernement (…). Il est essentiel de comprendre les messages, de savoir retenir le positif, et éliminer le négatif ».
Dans ce cadre, une formation gratuite a été dispensée ce week-end ainsi que cette semaine  de jeudi à dimanche. Vingt-cinq individus seront formés, « 25 agents du changement qui devront toucher des jeunes de 12 à 22 ans », nous explique Mme Williams. Sa méthode : l’utilisation d’une pédagogie participative. Les objectifs sont de faire appel à l’intuition des futurs formateurs, susciter une réflexion plus profonde, poser un cadre pour que celle-ci mûrisse. « L’essentiel est de pouvoir attirer l’attention du jeune ». Et d’ajouter qu’elle compte sur la rigueur des participants dans leur introspection afin qu’un changement à titre individuel précède le travail plus large de conscientisation et de formation.