L’exploit a été réalisé. Ramapatee Gujadhur est devenu le premier entraîneur des temps modernes à remporter quatre classiques en une saison. Le premier a été son oncle Amurdeeal Gujadhur en 1934 qui a, lui, décroché la timbale avec un seul cheval, Winking. Un record qui n’est pas prêt d’être égalé. La performance de Ramapatee Gujadhur mérite néanmoins d’être saluée. Ainsi, après les toques rouge et jaune pour les trois premiers succès, c’est la toque bleu de Ready To Attack qui a émergé au bout de la ligne droite finale. Dû à sa mauvaise ligne, on ne lui avait pas accordé une grosse chance. Mais il a bien su suppléer Kremlin Captain.
Si on analyse bien cette course, il semblerait que ce soit du côté de Ramapatee Gujadhur ou de Gilbert Rousset, il avait été décidé de sacrifier un représentant, soit Tandragee et Karraar. La course a été lancée sur un tempo élevé. Il n’était pas question de laisser le soin à Karraar de mener les opérations et essayer d’endormir ses poursuivants. Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil sur les temps fractionnés pour s’en rendre compte.
Les turfistes comprennent mal la décision de Rye Joorawon de durcir davantage la course aux 800m. Eh bien, la raison est toute simple. Il ne faut pas croire qu’il pensait que Karraar pouvait aller jusqu’au bout après s’être dépensé prématurément. Il l’a fait tout simplement pour que son compagnon de box Scotsnog soit placé dans la meilleure position possible dans l’emballage final. Aussi, quand Hard Day’s Night s’est amené, on a été quelque peu surpris. Toutefois, il obtient le bénéfice du doute dans le sens où c’est un cheval qui doit démarrer de loin. Mais toujours est-il qu’après un rythme plutôt effréné durant la première partie de la course, il se devait d’attendre avant de produire son effort.
Scotsnog a tardé avant de trouver la bonne vitesse. Par contre, l’accélération de Ready To Attack a été foudroyante. Lui qui était positionné en septième position durant toute la course n’a pris que quelques foulées pour revenir sur les chevaux de tête et pointer le nez à la fenêtre. On ne le croyait pas capable de s’imposer à ce niveau, surtout après son passage à vide durant la saison. Certes, il est revenu à la charge il y a deux semaines, mais avait encore une marche à franchir. Ce qui a été fait samedi, avec une deuxième victoire classique.
Oomph est venu prendre la troisième place. Il était placé dans le dos d’Enaad, dont Cédric Ségeon avait désigné comme l’adversaire le plus sérieux. Mais le Français a dû se rendre compte que le favori n’avançait pas comme attendu et il a été amené à prendre l’initiative un peu plus tôt que prévu et Oomph a manqué d’accélération. On ne pense pas que sans la gêne qu’il a subie il aurait pu être plus percutant. Easy Lover a été l’auteur d’une belle performance. Lent au départ, il a terminé sur une plaisante note. Que dire d’Enaad sinon que le favori n’a été que l’ombre de lui-même. Il n’a pas été facile pour lui de faire la transition sur 1600m, même après un bon repos. S’il a finalement terminé sixième, il faut souligner que les chevaux qu’il a devancés n’étaient plus montés par leur jockey respectif. Mais il a sans doute tiré profit de cette course et devrait être plus compétitif la semaine prochaine si son engagement est confirmé sur 2100m.