Sans tambour ni trompette, Swapneel Rama continue son petit bonhomme de chemin en tant que jockey freelance. Samedi dernier, il s’est signalé sur Rob’s Jewel, qu’il qualifie de petite perle, pour porter son nombre de victoires à 5 en 66 montes cette saison. Une performance qui lui permet de se hisser à la dixième place au classement général.
Swapneel Rama n’avait obtenu que trois montes samedi dernier. Cinquième sur Moi Power dans la quatrième épreuve, il a gagné de bout en bout sur Rob’s Jewel dans la septième, avant de finir dans l’argent sur Marine Sky dans la course de clôture. Arborant son sourire habituel à sa sortie de la jockeys’ room, il nous a fait part de sa satisfaction sur sa saison. « Il nous arrive tous en tant que jockeys de traverser des passages à vide. Ma dernière victoire remontait à deux semaines seulement. Aujourd’hui, je n’avais que trois montes, mais j’ai pu ramener un gagnant. Donc, je ne peux me plaindre de mon parcours », nous a lancé d’emblée le cavalier de 38 ans.
Sur le papier, Rob’s Jewel méritait le respect dans la septième épreuve. Certes, il avait hérité d’une ligne extérieure et retrouvait la compétition après une année — cela lui avait d’ailleurs valu un rabais de 3 points au niveau du handicap —, mais avec une valeur sud-africaine de 90, c’est certain qu’il n’était pas dénué de moyens.
« Après ce succès, je vous dirai sans exagération que Rob’s Jewel est une petite perle. Il avait tout contre lui. Il retrouvait la compétition après une année, partait du numéro 8 et affrontait des adversaires déjà aguerris. Après un bon départ, il a couru à l’aise dans son pas. Je lui ai accordé un bon breather et il a bien accéléré en ligne droite, même s’il s’est montré green. Tout le mérite revient à Amardeep Sewdyal, qui l’a gardé à Port-Louis pendant presque un mois. Le cheval n’avait pas eu de la place sur 950m une semaine plus tôt. Son entraîneur a insisté pour l’aligner sur 1400m et ce choix s’est avéré payant », explique notre interlocuteur, avant d’ajouter que « c’est un cheval qui progressera davantage. Il devrait continuer à faire le bonheur de ses propriétaires. »
Auparavant, Rama était associé à Moi Power, qui retrouvait les 1500m où il compte son unique succès chez nous. Malheureusement pour lui, la course ne se déroula pas selon ses plans, avec Maestro’s Salute lui disputant le commandement et les interférences qu’il a subies d’Our Jet. « C’est une course à mettre aux oubliettes. Moi Power a eu un parcours difficile. Il n’a pas pu se porter en tête. J’ai dû le reprendre au moins deux fois en course et il a eu des encombrements en ligne droite. » En ce qu’il s’agit de Marine Sky, arrivé quatrième à 2,15L de Logan, le jockey mauricien déclare : « Il se fait un peu vieux, mais reste généreux dans l’effort. La preuve : il a fini quatrième face aux jeunes coursiers. »
Si Swapneel Rama a été associé à deux des trois derniers vainqueurs d’Amardeep Sewdyal, ce n’est certainement pas le fruit du hasard. Le jockey mauricien bénéficie du first call grâce à ses relations avec Philippe Henry, nommé récemment Stable Supervisor de cet établissement. Qui ne se souvient pas de ses victoires avec l’ancien entraîneur champion sur Royal Deed, Young Warrior ou autre Leatherman… « Je me rappelle encore des moments forts que j’ai passés au sein de l’établissement de Philippe Henry, qui avait Jeffrey Lloyd comme titulaire. Cela fait toujours plaisir de travailler avec quelqu’un de son calibre », se remémore-t-il. Cette nouvelle association devrait lui permettre d’obtenir des montes valables afin de réaliser une saison honorable.