Il y a chez Sylvio de Lapeyre un besoin de dire pour exprimer cette vision d’ouverture qu’il a fait sienne lorsqu’il cherchait des réponses à ses questions. D’où À fleur de lune, exposition visible à la Galerie Malcolm de Chazal à partir du 24 novembre, et Les ailes de mon pinceau, le livre témoignage qu’il sort parallèlement.
Lorsque son père décède et laisse derrière lui huit enfants, Sylvio de Lapeyre a cinq ans. Ainsi en avait décidé la vie, qui avait abandonné l’enfant sans orientation, sans repère et sans lui donner une “définition du monde”.
Très tôt, il se mettra en quête de réponses pour comprendre le sens des choses et le fonctionnement du monde. D’autres questions viendront se poser à lui. Ainsi, il lui a fallu comprendre pourquoi chez telle amie, il était inconcevable que l’on tienne mal sa fourchette à table, alors que chez l’autre copain, il était normal de manger avec ses doigts. “J’avais à définir le monde en partant de rien. Je l’ai regardé en tant qu’observateur et je me suis senti un homme à part.”
S’exprimer.
Après avoir remis en question les règles conventionnelles, Sylvio de Lapeyre a développé cette ouverture d’esprit qui lui permet de mieux accepter les différences, sans se renfermer dans les paramètres prédéfinis par les règles, la religion, le prêt-à-penser.
“Je suis de toutes les écoles
Donc d’aucune école.
Je suis un peintre à cent styles
Donc sans style.
J’ai été influencé par tous les artistes
Donc par aucun artiste.”
Cette pensée, Sylvio de Lapeyre la livre sous le chapitre Entre le choix d’un style et la libre expression dans le livre intitulé Les ailes de mon pinceau, qui sera lancé lors du vernissage d’À fleur de lune. À la Galerie Malcolm de Chazal, Curepipe, par des acryliques et des peintures à l’huile, l’artiste peint sa vision d’une lune féminine, “à la fois discrète et majestueuse, changeante et mystérieuse”. Une suite logique, dit-il, à Fleur de femme, son exposition de 2007. “Les caractéristiques de la lune sont ici sublimées pour se fondre dans celles de la femme.” La lune devient discrète, patiente, compagne, mère, tendresse, prière, confidente, tandis qu’elle s’intègre dans les paysages au clair de la vie. Elle illumine les arbres, la nature, les chats, le développement, le chemin des hommes, l’espoir des femmes.
“Le sens premier de la vie, c’est de s’accomplir.
Le sens premier de l’art, c’est de s’exprimer.”
Complémentaires.
Actif comme artiste peintre depuis quelques années, Sylvio de Lapeyre a également cherché à se faire comprendre. Car souvent, le message de l’artiste n’est pas entendu parce que le grand public n’arrive pas à comprendre son langage, le sens de sa peinture. C’est pour cela que Les ailes de mon pinceau existe. Dans son livre, le peintre raconte les différentes étapes de la création à travers des explications pratiques et des pensées inspirées. “Dans ce recueil de pensées, je ne fais que partager mes joies comme mes peines, mes certitudes comme mes doutes. Néanmoins, je fais état de mes techniques de peinture et du caractère biographique de mon oeuvre tout au long de ce récit, non seulement pour mieux comprendre le cheminement, voire l’âme d’un artiste : ses rêves, son désir de perfection et de partage, mais aussi leurs contreparties qui naissent dans la même foulée : ses doutes, son isolement, voire son ego et sa vanité, éléments non sans risques, mais quasi obligatoires et inévitables auxquels tout être doit faire face aussitôt qu’il essaie de dépasser le stade de peintre pour accéder à celui d’artiste.”
Vingt-cinq chapitres pour ce livre : Sylvio de Lapeyre répand ses pensées dans une écriture épurée et colorée, comme une invitation à la conversation autour de l’art, de la vie. Pour Scope, il précise : “Ce livre est un pont entre l’artiste et le profane, entre l’athée et le croyant, entre l’écriture et la peinture, entre la poésie et le littéraire.” Sylvio de Lapeyre s’est mis à écrire quand il a commencé à peindre. Les deux activités sont pour lui complémentaires. “L’écriture pour moi, c’est un peu les ailes de mon pinceau.”