La Banque de Maurice accueille en ce début de semaine une réunion du Official Monetary and Financial Institutions Forum (OMFIF), la deuxième à se tenir dans un pays africain. La South African Reserve Bank avait été l’hôte de la première réunion organisée l’année dernière.
Environ une centaine de délégués comprenant des représentants de banques centrales, d’institutions multinationales, du secteur privé et d’universitaires d’une vingtaine de pays participent à cette rencontre qui prend la forme d’un symposium axé sur les opportunités économiques, notamment en termes de flux commerciaux et de croissance, offertes par l’Afrique et la région indo-pacifique. La rencontre, qui se déroule au siège du BoM Tower, fait suite à celles tenues successivement à la Deutsche Bundesbank, la Bank Negara Malaysia, la Banque centrale des Émirats arabes Unis, la De Nederlandsche Bank et la South African Reserve Bank.
Le symposium au BoM Tower se déroule sous la coprésidence de Manou Bheenick, gouverneur de la BoM, d’Ernst Welteke, ancien président de la Deutsche Bundesbank, de Sanusi Lamido Sanusi, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, et du Professeur Lord Meghnad Desai de la London School of Economics. Selon l’ordre du jour préparé pour la réunion à Port-Louis, les participants vont se pencher sur l’évolution des échanges commerciaux entre l’Asie et l’Afrique, le rôle des fonds souverains en tant que nouveaux investisseurs en Afrique, les modèles et besoins d’investissement en Afrique avec priorité à l’infrastructure, la croissance de la technologie et des télécommunications sur le continent, les opportunités de coopération sud-sud avec l’apport des pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient et de l’Asie dans le développement du continent africain, la gouvernance et la croissance dans la transformation économique de l’Afrique.
« The programme promises stimulating debate and enriching exchanges on the next axis for economic development and the various avenues to achieve a more integrated Africa », souligne le gouverneur de la BoM dans son message aux participants.
Dans les milieux du OMFIF, on soutient que dans le sillage de la crise financière qui a marqué la période 2007-2009, une attention particulière est accordée au rôle des banques centrales et des gestionnaires d’actifs publics dans la stabilisation des données macroéconomiques et du fonctionnement des marchés financiers. Le rétablissement graduel de l’économie mondiale qui s’ensuit invite à une réflexion sur les leçons apprises et les tâches qui restent à accomplir. On observe, en particulier, que le changement dans la structure du commerce international et du flux d’investissement a donné l’opportunité à divers pays africains à adopter des réformes, voire à rééquilibrer leur situation économique. « The time is ripe for a considered approach to macroeconomic management across the continent », estime l’OMFIF.
Ce forum fait ressortir que les questions de réglementation des marchés et de coopération entre régulateurs et opérateurs économiques des pays de la région sont primordiales en vue de construire un continent plus intégré économiquement. L’OMFIF, qui agit comme un « think tank », est présidé par David Marsh. Lord Meghnath Desai, qui a fait plusieurs déplacements à Maurice dans le passé, assuré lui les fonctions de président du conseil consultatif du OMFIF. L’objectif du forum est de promouvoir le dialogue sur des sujets d’intérêt particulier pour les banques centrales, les fonds souverains, les opérateurs des marchés financiers, entre autres.
L’OMFIF a démarré ses travaux ce matin par la cinquième réunion du World E-Money Council, rencontre consacrée à l’étude des systèmes de paiement pour faciliter l’inclusion financière, l’abolition des barrières au niveau des transferts monétaires, la sensibilisation des consommateurs pour une meilleure compréhension et utilisation des systèmes de paiement. Demain et mercredi, les participants se pencheront sur la situation de l’économie mondiale à fin 2012 et les développements sur le continent africain.