Opposée aux deux nouvelles lois du Travail, la FTU tiendra ce 2 mars un grand rassemblement syndical au Jardin de la Compagnie, à Port-louis, à partir de 9h30. Seront notamment abordées la demande de révocation de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act, ainsi que la violation de la liberté syndicale et de la démocratie.
Plusieurs dirigeants syndicaux interviendront lors du rassemblement de dimanche, à Port-Louis, pour dénoncer différents scandales ayant secoué le pays et concernant le monde du travail et de la classe syndicale, mais aussi les problèmes sociaux qui font l’actualité. Outre Atma Shanto, négociateur de la Fédération des travailleurs unis (FTU), des syndicalistes d’autres regroupements – tels la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), la Federation of Progressive Unions (FPU) et l’ensemble du Trade Union Consultative Progress – ont été invités à prendre la parole. « Nous allons continuer notre combat contre les deux lois du travail, l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act, qui sont venues remplacer la Labour Act lorsqu’elles sont entrées en vigueur, en 2010 », a expliqué ce matin Atma Shanto.
Faisant la comparaison entre l’ancienne loi du travail et les deux nouvelles, Atma Shanto est d’avis que la première était davantage en faveur de la protection de l’emploi, notamment contre le licenciement dans le secteur privé, tandis que les Employment Rights Act et Employment Relations Act, elles, accorderaient davantage de pouvoir au patronat pour licencier leurs travailleurs comme bon leur semble. « Le patronat pourra mettre des employés à la porte de manière abusive et injuste sans avoir à se soucier de devoir rendre des comptes », soutient le syndicaliste. Selon notre interlocuteur, environ 20 000 personnes du secteur privé ont été licenciées depuis que les deux lois du travail sont entrées en vigueur. « Et les cas de licenciement dans le monde du travail ne sont pas prêts de s’arrêter », poursuit-il, exprimant ses craintes concernant le sort des employés des hôtels du groupe Apavou. « Ce sont environ 650 hommes et femmes qui sont dans le flou quant à leur avenir. Conserveront-ils les mêmes conditions de service ? Bénéficieront-ils d’une compensation ? » s’interroge le syndicaliste au cas où les hôtels arriveraient à trouver de nouveaux acquéreurs.
Autre sujet qui sera débattu lors du rassemblement de dimanche : la question de la liberté syndicale et de la démocratie. Selon le constat établi par Atma Shanto, la liberté syndicale ne serait toujours pas au goût des employeurs, ces derniers faisant parfois acte de répression sur les employés en vue de les dissuader. « Lorsque les travailleurs commencent à s’organiser, tout est fait pour décourager les employés à se syndiquer ou à défendre leurs droits », dit-il, rappelant le droit constitutionnel d’adhérer ou non à un syndicat et de choisir son syndicat. Le porte-parole de la FTU lance du coup un appel à la mobilisation des employés du secteur privé pour le rassemblement de dimanche. Atma Shanto explique qu’il annoncera ce jour-là « une décision importante » concernant la question de la violation de la liberté syndicale à Maurice. Ne voulant pas en dire davantage à ce sujet, Atma Shanto indique cependant que l’annonce concernera une action qui prendra forme à partir du 12 mars, soit le jour de la fête nationale. Affaire à suivre…