Intervenant ce matin à l’hôtel Voilà Bagatelle à l’ouverture d’un atelier international de deux jours sur le thème « Organising in the Supply Chain », le Regional Officer de la confédération syndicale mondiale IndustriAll pour la région subsaharienne, Thabo Tshabalala, a exhorté les syndicalistes à s’organiser pour mieux faire face aux défis de la globalisation. Cet atelier accueille des participants d’Afrique du Sud, de Madagascar, de Genève et de Maurice.
« Un syndicat existe pour regrouper et organiser les travailleurs afin qu’ils puissent mieux faire face à l’avidité grandissante des capitalistes et des industriels, qui eux sont déjà bien organisés dans ce monde globalisé. Nous existons pour augmenter le rapport de force des travailleurs vis-à-vis des capitalistes et des industriels. Les syndicats doivent grandir ou périr. Voilà ce que nous faisons tous les jours », a en substance déclaré Thabo Tshabalala à une assistance composée d’une cinquantaine de syndicalistes venant d’Afrique du Sud, de Madagascar, de Genève et de Maurice.
C’était ce matin à l’hôtel Voilà Bagatelle à l’ouverture d’un atelier international de deux jours sur le thème « Organising in the Supply Chain », organisé par la confédération syndicale mondiale IndustriAll (voir encadré) et la Friedrich Ebert Stiftung (FES — voir encadré). Cet atelier a comme objectif, entre autres, de renforcer les capacités des syndicats à mieux organiser les travailleurs sur les chaînes de production.
Selon Thabo Tshabalala, la création d’IndustriAll est une stratégie du syndicalisme international pour mieux répondre « attaques globales » des capitalistes et des industriels contre des travailleurs faibles, vulnérables et divisés. « Nous ne pouvions rester les bras croisés et pleurer sur notre triste sort. Il nous fallait nous mettre debout, nous regrouper et faire face aux défis de cette globalisation monstrueuse pour l’humain. Face à la globalisation, nous devions apprendre à nous réorganiser, à affronter nos limites, nos manquements et notre vulnérabilité devant la puissance de frappe des capitalistes et des industriels », a-t-il expliqué.
Thabo Tshabalala a exhorté les travailleurs et leurs représentants syndicaux à ne pas se laisser gagner par le découragement face à la lourde armada des capitalistes et des industriels. « Si nous recrutons 10 000 membres cette année, c’est 20 000 autres que nous devons recruter l’année prochaine. Voilà pourquoi nous existons. Il nous faut nous organiser », a-t-il insisté.
Le représentant de la Fondation Friedrich-Ebert (FES), Marcus Schneider, a de son côté expliqué que « la démocratie ne peut s’arrêter devant la porte des usines ». « Nous devons mieux nous organiser afin que la gestion des usines soit davantage démocratique et transparente », a-t-il affirmé.
Cela est d’autant plus important, a poursuivi le représentant de la FES, que les industries tendent à devenir de plus en plus globales. « La globalisation se caractérise d’une part par l’avidité des capitalistes et des industriels avec de très grosses marges de profit des multinationales, et d’autre part par des emplois précaires, des salaires de misère, et par de très mauvaises conditions d’emploi où règne l’insécurité au travail », a-t-il expliqué. Pour soutenir ses dires, il a cité le tragique effondrement de Rana Plaza en avril 2013 dans lequel 1 129 travailleurs ont été tués et 2 515 autres blessés.
« Aujourd’hui, avec la globalisation, la solidarité des syndicats et des travailleurs doit dépasser les frontières parce que les capitalistes et les industriels bougent de pays en pays à la recherche de travailleurs vulnérables et sans défense », a-t-il ajouté.
Pendant ces deux jours, les participants vont discuter et apprendre des stratégies d’organisation et de mobilisation ouvrière.