Les membres du Syndicat des Pêcheurs de Maurice (SPM) se sont réunis hier matin au Centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis en vue d’exprimer leur mécontentement au sujet de l’accord entre l’Union européenne et le gouvernement mauricien concernant les permis de pêche dans les eaux mauriciennes. Pour eux, en vue de préserver l’écosystème marin et d’éviter le gaspillage, la pêche traditionnelle doit être privilégiée et l’accord signé doit être annulé.
Pour le SPM, l’accord de pêche annuel signé entre l’Union européenne (UE) et le gouvernement mauricien représente non seulement un danger pour l’écosystème marin mais également une menace pour les pêcheurs de Maurice. Cet accord de partenariat dans ce secteur prévoit l’accès des bateaux de pêche des pays de la Commission européenne dans les eaux mauriciennes. Mohammed Lallmamode, secrétaire du SPM, indique que cet accord est signé en échange d’une somme d’argent versée à l’État mauricien. « Sak fwa lakor-la signe, peser napa gagn nanie sirtou ki dimal ki bann aktivite bann gro bato pe fer li imans », fulmine-t-il. Et d’observer que les ressources marines ne font que diminuer chaque jour. « Pwason ki pe trouve zordi, dan sink an na pa pou trouve… », estime l’intervenant. Mohammed Lallmamode pointe du doigt le « gaspillage » occasionné par les principales compagnies dont les bateaux opèrent dans les eaux mauriciennes. D’ailleurs, soutient-il, « ce gaspillage est critiqué par des ONG telles que Greenpeace, entre autres. » Le président du SPM, Judex Rampaul, ajoute que « sa bann bato-la kan zot gagn tro bokou pwason ek ki zot lakal napa kapav transport tou sala, zot zet bann pwason-la ». Pour le SPM, « bizin servi lot sistem, prinsipalman lapes tradisionel, pou protez nou ekosistem marin ».
Par ailleurs, Judex Rampaul a rappelé les diverses réclamations de la communauté des pêcheurs. Il annonce qu’une lettre doit être déposée cet après-midi au siège du ministère de la Pêche et de Rodrigues, faisant état des difficultés que rencontrent les pêcheurs. « Finn ariv ler pou ki minister lapes desann lor terin gete ki pe arive. Zot bizin get bann dega ki finn fer a nou ekosistem avek bann permi ki minister ape done a tor ek a traver. Bann lefe pwason bar ou ankor barbara. Nou pe koumans senti so lefe. Nepli ena pwason dan nou lagon », soutient-il.
Durant le deuxième volet de sa conférence de presse, le SPM a évoqué les dégâts causés par le bateau Angel 1 dans les eaux de Poudre-d’Or. Judex Rampaul a également parlé des « promesses non-tenues » par le ministère de tutelle dans le cas des pêcheurs qui travaillent dans cette région ou encore ceux affectés par le raz-de-marée d’août dernier. « Minis finn fer zot fos promes ek napa finn tini nanie. Li ti promet zot enn led sosial me ziska ler nanie pann fer. Mo fer enn lapel minis lapes. Aret zoue ek santiman peser ».
Mustapha Mohammed, alias Gandhi, également présent à ce point de presse, a rappelé sa lutte pour les pêcheurs des bancs. Suite à la « mauvaise gestion », dit-il, du dossier de la pêche, Mustapha Mohammed réclame la démission du ministre Von Mally et de son conseiller Mathieu Laclé. Il envisage une grève de la faim si à la fin du mois de novembre aucun changement n’a été noté à ce niveau.
Judex Rampaul a également annoncé la tenue d’une manifestation des pêcheurs et de leurs familles dans les rues de Port-Louis avant la fin de l’année.