La hausse des revenus sucriers après trois années de baisse successive a été saluée hier par les producteurs sucriers lors de l’assemblée générale du Syndicat des sucres. Les revenus par tonne de sucre en 2011 se sont élevés à Rs 16 020 après avoir chuté à Rs 13 535 en 2010. D’autre part, pour la première fois dans les annales de l’industrie cannière à Maurice, la totalité de la production sucrière a été commercialisée comme des produits à haute valeur ajoutée sous la forme de sucre blanc raffiné ou de sucres spéciaux. « Le syndicat a réussi à amortir l’impact négatif de l’appréciation de la roupie par rapport à l’euro », a observé hier le président sortant du syndicat. Pour sa part, le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo a insisté sur le maintien de la campagne de lobbying contre l’abolition en 2015 du quota sucrier en Europe.
Jacques d’Unienville s’est dit réconforté par la hausse des recettes sucrières par les producteurs. « After three consecutive years of revenue decline as a result of the 36 percent institutional price cut in the EU, it is comforting to note that the price obtained for the crop 2011 has shown some sign of recovery Indeed, from an unprecedented Rs 18,620 per ton for crop 2007, just before the EU price cut, the ex-Syndicate price tumbled to Rs 13,535 in crop 2010, before recovering to Rs 16,020 last year », a-t-il dit.
Cette augmentation est attribuée à plusieurs facteurs en particulier à la réforme de l’industrie sucrière qui a permis de passer d’une production à basse valeur ajoutée avec l’exportation du sucre roux pour être raffiné à l’étranger à une production de sucre à haute valeur ajoutée vendue directement aux consommateurs sur le marché européen et international. Le marché volatile a poussé le prix du sucre à la hausse. L’équilibre fragile de la production de sucre par rapport à la consommation sur le marché européen a maintenu un niveau de prix élevés tout au long de l’année. Cela a été le cas également sur le marché des États-Unis. De plus, la totalité du sucre roux a été utilisée pour la production de sucre à haute valeur ajoutée et au final, a permis la baisse de la contribution des producteurs au global cess à la suite de la réforme des industry’s Service Providing Institutions.
Jacques d’Unienville note finalement que « in spite of the Euro crisis, the Syndicate has to some extent been in a position to mitigate the negative impact of the continued appreciation of the rupee against the Euro on the producer price thanks to a foreign exchange risk management policy enabling utilisation of an array of hedging instruments within agreed parameters ».
Comme devait le souligner Devesh Dukhira, Chief Marketing Officer, au Syndicat des sucres, l’année 2011 marquera d’une pierre blanche l’histoire moderne de l’industrie sucrière. C’est la première fois que 100 % de la production sucrière mauricienne est utilisée pour manufacturer des sucres à haute valeur ajoutée destinés à l’exportation. Ce taux était de 43 % en 2009 et de 83 % en 2010. Ainsi sur une production de 435 310 tonnes, 312 300 tonnes ont été exportées sous la forme de sucre blanc raffiné par le biais du groupe allemand Südzucker contre 91 900 tonnes en 2009 et 277 600 tonnes en 2010. « The total quantity of the raw sugar feedstock produced in Mauritius is henceforth processed into white refined sugar at the Omnicane and FUEL refineries. The refined sugar, which is of the same quality as that produced in EU, is being supplied to some 200 customers in the EU namely Italy, Greece, Spain, UK and Belgium, wherever the highest return against the most optimal delivery cost is obtainable », a mentionné Devesh Dukhira.
Jean-Noël Humbert, CEO du Syndicat des sucres, devait abonder dans le même sens en soulignant que les sucres mauriciens parviennent maintenant directement aux consommateurs grâce aux groupes tels que Ferrero, Barry Callebaut, Kraft. Les sucres spéciaux sont également vendus aux consommateurs dans des chaînes de supermarché comme Tesco, Sainsbury’s, Carrefour. « The policy of the Syndicate is to avoid market intermediaries so that it can capture the full commercial premium. It has today a widely diversified portfolio of buyers spread over 43 countries worldwide », a souligné Jean-Noël Humbert.
Le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a insisté pour sa part sur l’importance de la campagne de lobbying en vue du maintien du quota sucrier du groupe ACP producteur de sucre sur le marché européen.
La commission européenne a souhaité l’abolition du quota sucrier sur le marché européen à partir de 2015. Cela a provoqué un lever de bouclier de la part des pays ACP, dont Maurice, et les producteurs sucriers européens. Cette question, qui risque d’avoir des effets néfastes sur l’industrie sucrière locale, a été évoquée par ceux qui se sont adressés à l’assistance à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle du Syndicat des sucres. « In view of the likely adverse implications this would have for ACP sugar industries, it was resolved that this issue would require concerted efforts and engagement at all levels. It is imperative to step up our efforts in favour of the maintenance of the current quota system for sugar, at least until 2020 », a déclaré le ministre de l’Agro-industrie. Satish Faugoo a aussi annoncé, qu’en sa capacité de président du comité ACP sur le sucre, il a adressé une lettre aux décideurs européens en vue de solliciter leur soutien « for the retention of EU sugar quota at least up to September 2020 ».
Le ministre de l’Agro-industrie a observé que les efforts de lobbying ont donné des résultats positifs. « The Committee concluded that these efforts must be pursued to ensure that there is enough support at the level of the EU Council to adopt the same position. » Il a par la même occasion souligné que la House of lords a soutenu que « a compromise be required ». « They recommend a firm date between 2015 and 2020 for the removal of production quotas and an immediate recalibration of the quotas », a annoncé le ministre