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  • Le ministre Seeruttun annonce que le gouvernement étudie des mesures pour empêcher le dumping du sucre

La protection complète du marché local contre les importations des sucres à des prix préférentiels est présentée comme une urgence hier par le président sortant du Syndicat des sucres Heymant Sonoo. C’était lors de l’Assemblée générale annuelle de cette instance de l’industrie sucrière. Nicolas Maigrot, de Terra Ltd, a été élu à la présidence du Syndicat des sucres.

Heymant Sonoo a observé que le paiement garanti de Rs 25 000 par tonne de sucre à tous les planteurs pour leurs 60 premières tonnes de sucre démontre l’engagement du gouvernement envers le secteur sucrier. Cette démarche pourrait être complémentée par des recommandations de l’étude de la Banque mondiale commanditée par le gouvernement. Une délégation de la Banque mondiale est attendue incessamment avec le rapport soumis au début de l’année prochaine.

Le président sortant du Syndicat des Sucres s’est appesanti sur la protection du marché intérieur du sucre comme une mesure exceptionnelle, devant avoir une incidence immédiate sur les recettes des producteurs. Ainsi, malgré l’augmentation des droits de douane à 80% l’an dernier, les importations en provenance des producteurs du COMESA et de la SADC, ainsi que par des utilisateurs industriels, qui sont toutes exemptées du droit exigible, se maintiennent.

En conséquence, les ventes intérieures du Syndicat des Sucres pour la récolte 2018 n’ont pas dépassé les 16 000 tonnes sur une demande potentielle de 36 000 tonnes, soit un manque à gagner de près de Rs 200 millions pour les producteurs, représentant Rs 600 par tonne par rapport au prix ex-Syndicat. « Maurice est probablement le seul producteur de la région où le sucre peut encore être importé librement. Notre propre accès à la SACU est limité par un quota annuel de 2 825 tonnes », ajoute le président sortant en demandant au gouvernement de suivre l’exemple des pays de la région.

Le nouveau président du Syndicat des Sucres, Nicolas Maigrot, a abondé dans le même sens. « Aujourd’hui il y a beaucoup de sucres qui viennent des pays de la COMESA dont l’Egypte, qui est lui-même un importateur net de sucre. Ils ont trouvé une brèche pour pouvoir exporter à Maurice. Ce qui nous empêche de vendre notre sucre sur le marché mauricien. Nous attendons que le gouvernement fasse comme les autres pays qui sont des exportateurs nets. Il faudra prendre des mesures pour éviter le dumping du sucre à prix préférentiels au détriment du sucre local », a-t-il déclaré.

Le ministre Seeruttun a observé que les droits de douane sur les sucres sont passés de 15% à 80 %. « Nous encourageons les consommateurs et les utilisateurs de sucres d’avoir une préférence pour le sucre local; malgré cela nous constatons que certains pays sont en train de faire du dumping à Maurice. Nous étudions actuellement différentes mesures en vue de réduire ces importations; nous avons signé certaines conventions internationales qui nous empêchent d’intervenir. Nous faisons tout ce qui est à notre niveau pour protéger le marché local », dit-il.

En cette année du centenaire du Syndicat des Sucres (1919/2019), Heymant Sonoo a souligné également que le Syndicat, en sa qualité de guichet payeur pour le produit du sucre, a toujours veillé que les producteurs soient payés de manière régulière et durable, même en pré-budgétisant les décaissements plus tôt dans la campagne. En outre, il a toujours répondu favorablement aux demandes du gouvernement concernant l’octroi d’avances de fonds, de mesures spéciales annoncées plus rapidement.

Interrogé sur la situation dans l’industrie sucrière, Nicolas Maigrot se dit satisfait que le gouvernement a réalisé l’importance de l’industrie cannière à Maurice non seulement comme producteur de sucre mais également de tout ce qui tourne autour du sucre en particulier, la biomasse. Il se dit confiant que le rapport de la Banque mondiale sera favorable aux producteurs de sucre afin de mieux valoriser le prix de la bagasse qui est essentiel pour l’avenir de Maurice.

Les deux dernières années ont été très difficiles; la situation se poursuivra parce que le stock de sucre dans le monde est extrêmement élevé. D’où l’importance de prendre des mesures afin de s’assurer la pérennité du secteur sucre. « Ce secteur a encore un avenir mais cela passe par des décisions importantes que devrait prendre le gouvernement en collaboration avec les producteurs sucriers », ajoute-t-il. Invité à commenter différentes revendications venant des petits planteurs et des syndicats, Nicolas Maigrot attribue ses revendications à l’approche des élections générales.

Commentant la revendication des petits planteurs en vue de l’obtention d’un montant de Rs 2500 par tonne de canne, le ministre Seeruttun estime que si on prend compte de toutes les mesures introduites par le gouvernement, le prix de la tonne de canne devrait tourner actuellement autour de Rs 2475. Le ministre a également souligné la nécessité de maintenir les superficies sous cannes.

Le ministre a également souligné la nécessité de maintenir les superficies sous cannes dans le pays à 50 000 hectares. Et d’affirmer que l’objectif du gouvernement est de maintenir la masse critique de cannes nécessaire pour permettre aux trois usines d’opérer d’une façon optimale et de produire les 350,000 à 400 000 tonnes de sucre et d’augmenter la part de bagasse pour la production énergétique.