En sus du salaire minimal, Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service & Other Union (FCSOU) plaide pour l’instauration d’un salaire minimal social (minimal social wage) pour les travailleurs de Rs 24 200 par mois. Cette somme serait un « package » qui comprend le salaire minimal national de Rs 15 000 et d’autres dépenses ménagères et courantes de la vie quotidienne tels que le transport, les frais scolaires, les dépenses médicales, entre autres.
Narendranath Gopee intervenait ce matin à l’ouverture d’un atelier de travail à la FCSOU Trade Union House à Coromandel, dans le cadre des activités de la fête du Travail avec comme invité le ministre du Service civil, Alain Wong et le Parliamentary Private Secretary, Toolsyraj Benydin. Selon lui, un salaire social minimal de Rs 24 200 tiendrait en considération les dépenses courantes des ménages face aux prix des services et produits montant en flèche, telles les leçons particulières des enfants, les dépenses médicales et le transport, entre autres. Le salaire minimal social et le salaire minimal national sont toutefois très différents l’un de l’autre, précise le syndicaliste qui souligne que le salaire minimal n’existe pas dans le service civil.
Partageant une réflexion sur l’origine de la fête du Travail, Narendranath Gopee a concédé que « la façon de faire des syndicalistes a évolué avec les années ». Cependant, le combat pour l’émancipation, le bien-être et pour l’amélioration des conditions de travail des travailleurs est resté le même. Selon lui, il subsiste à ce jour des interrogations concernant l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act. Le président de la FCSOU déclare ainsi que ces deux lois ne servent pas l’intérêt des travailleurs et permet plutôt aux employeurs de « hire and fire », surtout dans le secteur privé. Narendranath Gopee affirme avoir pris note du programme gouvernemental à l’effet que ces lois seront revues et espère qu’elles le soient de « fond en comble » et surtout pas de façon « superficielle. » « Nous ne pouvons pas parler de liberté, de droits et de privilèges des travailleurs sans une refonte complète des lois du travail », souligne Narendranath Gopee qui évoque une série de « manquements » dans ces deux lois du Travail.
Le syndicaliste s’est dit par ailleurs inquiet de la déclaration de la Mauritius Employers Federation à l’effet qu’il faudrait mettre un terme aux mécanismes comme le Pay Research Bureau, le National Tripartite Forum et le National Remuneration Board. Narendranath Gopee entrevoit une manoeuvre du patronat « pour conserver ses griffes sur les travailleurs ». Pour le président de la FCSOU, il s’agit d’institutions pour la mise sur pied desquelles les syndicalistes et les confédérations syndicales ont durement lutté…
Narendranath Gopee n’a également pas mâché ses mots envers certains hauts fonctionnaires qu’il accuse de « mettre des bâtons dans les roues » et qui auraient peur de prendre les décisions qui s’imposent. Il faudrait, dit-il, revoir le fonctionnement du High Powered Committee et du Central Implementation Committee afin que les fédérations syndicales aient leur mot à dire. Le syndicaliste a également demandé au ministre du Service civil qu’il ait un droit de regard sur le prochain rapport du Pay Research Bureau.
Alain Wong a, pour sa part, expliqué que la fête du Travail est une journée de réflexion sur comment les fonctionnaires peuvent changer de mentalité dans la façon de travailler. Il s’est prononcé en faveur de l’abolition du système de backing dans les différentes démarches auprès de l’État. Le PPS Toolsyraj Benydin, de son côté, a donné la garantie que les amendements aux lois du travail sont toujours à l’agenda du gouvernement et que les discussions avec les stakeholders ont déjà débuté.