La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) déclare la guerre aux caméras de surveillance présentes sur les lieux de travail, en grande partie dans les hôtels, et plus particulièrement celles placées dans des endroits fréquentés par les employés. De plus en plus d’établissements hôteliers ont en effet procédé à l’installation de caméras après le meurtre de la touriste irlandaise Michael Harte, commis en janvier 2011 à l’ex-hôtel Legends.
Selon les syndicalistes de la FTU, les caméras de surveillance ont « dévié de leurs premiers objectifs, qui est d’assurer la sécurité des clients dans les hôtels » et serviraient désormais à « épier les mouvements » des employés. Selon Atma Shanto, négociateur de la FTU, dans certains établissements, des caméras seraient ainsi installées dans les “mess rooms” et, même, à l’entrée des toilettes, ce qui représente, dit-il, une forme d’intrusion. « Les faits et gestes des employés sont surveillés », déplore Atma Shanto. Ce qui dérange le syndicaliste, c’est que certains établissements utiliseraient les images de ces caméras pour sanctionner des employés. Et d’observer que la plupart des employés ciblés sont ceux qui tentent de s’organiser au sein d’un établissement. Il fait état « d’actes d’intimidations pour licencier des employés syndiqués » ou encore « d’interdire les réunions syndicales » dans les compagnies.
Une série de manifestations à travers l’île est de fait prévue pour dénoncer cette pratique, la première étant prévue dimanche prochain à Flacq, sur la Place Taxi (ex-bazar) à 9 h 30. Le point culminant de cette action syndicale sera une manifestation devant le Pailles-en-Queue Court (Air Mauritius Building), qui abrite le bureau du ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval. La date n’a pas encore été fixée.
En 2011, rappelons que la FTU avait logé une plainte formelle contre l’État mauricien au Committee on Freedom of Association de l’International Labour Organisation, alléguant les « act and doings » de la compagnie ABC Foods et son « attitude antisyndicale », un des points avancés étant la présence de caméras de surveillance dans les salles où se tenaient les réunions syndicales au sein de la compagnie. Le rapport du Freedom of Associations Committee de l’ILO avait clairement statué que le droit d’organiser des réunions syndicales est « un aspect essentiel des pouvoirs syndicaux » et que le gouvernement mauricien se doit de s’assurer que l’espace fourni par les compagnies ne soit pas surveillé par des caméras.
Plusieurs lettres ont été rédigées dans le passé par la FTU à l’attention du ministère du Travail et du Bureau du Premier ministre sur la pertinence des caméras de surveillance dans les lieux où se réunissent les travailleurs.