Les dirigeants de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) se sont réunis hier vers 11 h 30 devant les bureaux de Lux Resorts, situés à Floréal. Objectif : dénoncer la situation au sein des hôtels appartenant à ce groupe hôtelier, notamment en ce qui concerne la liberté et la démocratie syndicales.  
Ce qui ne devait être à la base qu’une manifestation devant les bureaux administratifs de Lux Resorts à Floréal s’est finalement transformé en un point de presse, la police ayant objecté à la dernière minute à la tenue d’une manifestation sous la condition que la FTU obtienne la permission de « the person or authority owning, occupying or administering the premises on which the meeting is to be held ». Et ce alors que, quelques heures plus tôt, soit jeudi vers 14 h, un fac-similé de la police avait fait part de l’accord des autorités pour la tenue de cette action et, de ce fait, que « there is no police objection for the Federation des Travailleurs Unis to hold a Pacific Protest on Friday 25th of September 2015, from 11.30 to 12.45 hrs in front of the main office of Lux Resorts at Pierre Simonet Street, Floreal ».
Du coup, la FTU, qui avait prévu porte-voix et pancartes, a dû se contenter d’une déclaration publique de son porte-parole, par moments marquée par une pluie fine. « Nous estimons qu’il est nécessaire de continuer à dénoncer la répression et de nous battre pour faire justice aux travailleurs. Il faut respecter les droits des travailleurs des hôtels Lux situés à Belle-Mare, Grand-Gaube et au Morne. Ils ont le droit de participer à des manifestations. Ils ont aussi le droit d’assister à des réunions syndicales. Ce sont des droits qui sont garantis par la Constitution », a déclaré Atma Shanto, porte-parole de la FTU. Les critiques étaient formulées à l’encontre de la direction des hôtels Lux Resorts. « S’ils veulent la confrontation, nous sommes prêts. Mais s’ils veulent dialoguer, nous sommes d’accord », a lancé Atma Shanto.
Lors d’une conférence de presse jeudi pour annoncer la tenue de cette manifestation, le syndicaliste avait longuement commenté la situation dans les hôtels autour du droit de se syndiquer et des actes d’intimidation et de répression commis par les patrons envers les employés, particulièrement lorsque ces derniers s’organisent dans un syndicat ou font état de leurs doléances concernant leurs conditions de travail à leur représentation syndicale. « C’est une situation qui persiste depuis longtemps, même sous l’ancien régime, et qui se poursuit sous le présent gouvernement », affirme Atma Shanto. Une pétition en ce sens a été adressée au Premier ministre en juillet dernier pour dénoncer l’ampleur de la répression dans le monde du travail, établissements hôteliers y compris. Le ministère du Travail a également été alerté. Mais à ce sujet, Atma Shanto devait déplorer « le silence du ministre Soodesh Callichurn » sur ces cas de répression syndicale. La FTU réclame d’autre part que les permis de résidence et de travail des expatriés ne soient pas renouvelés, et ce afin de favoriser la main-d’oeuvre locale. « Les expatriés font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui engloutissent les plus gros salaires et le plus d’incitations au détriment des travailleurs mauriciens », devait affirmer Atma Shanto durant son point de presse devant les locaux de Lux Resorts. À noter que la FTU a signifié son intention de revenir à la charge en organisant une manifestation devant ces mêmes lieux dans trois semaines.