Ils attendent depuis dix ans et continuent de travailler avec les moyens du bord. Las d’attendre aussi longtemps, les membres de la Ministry of Agricultural, Professional, Scientific and Technical Officers Union (MAPSTOU), en compagnie de leur président, ont animé une conférence de presse jeudi matin à Port-Louis. 
« Depuis plus de dix ans, nous ne pouvons mener à bien notre mission car nous avons un manque accru de personnes au niveau des ressources humaines », dit le président de la MAPSTOU, Ahseek Nadeem. Selon lui, tous les membres opérant dans ce département sont « qualifiés » pour que Maurice puisse réussir dans la sécurité alimentaire et d’autres projets liés au changement climatique, qui pourra influer négativement sur le pays. Il regrette que ce manque de personnel ne permette pas de « professionnaliser les services » pour les changements qui pourraient se produire.
« Nous lançons un appel au ministre et au gouvernement pour investir dans les ressources humaines et dans la formation continue. Si on n’investit pas dans les ressources humaines, aucune réussite n’est assurée », dit-il, ajoutant que « gouverner, c’est prévoir ». Ahseek Nadeem avance que Maurice est « dans la zone rouge des catastrophes naturelles ». De plus, le pays est un « hotspot » pour la biodiversité, d’où l’importance, selon lui, de préserver l’environnement. Outre de veiller sur une population de 1,3 million de personnes, Ahseek Nadeem ajoute que les officiers doivent également veiller « sur les touristes ».
Selon la MAPSTOU, des correspondances à ce sujet ont été envoyées au ministère de l’Agro-industrie. Si le syndicat avait été convoqué en septembre pour des discussions, la réunion a cependant été reportée à une date ultérieure. Rashid Imrith, président de la Government General Services Union – qui comprend aussi la MAPSTOU –, affirme qu’une « proposition concrète » est faite au gouvernement. Considérant le nombre de professionnels dans ce département d’agriculture, soir de 54 employés et le même nombre niveau technique et Senior Technical Officers, il ajoute : « Nous demandons qu’ils soient appelés des Scientific Officers car ils ont des qualifications très poussées », dit-il. Ainsi, il demande la création de 47 postes de Scientific Officers contre l’abolition de 47 postes de TO/STO. De ce fait, selon lui, Maurice « pourra combattre l’insécurité alimentaire ». 
Rashid Imrith demande au gouvernement « d’agir vite, car des menaces guettent Maurice ». Selon lui, « on sous-estime le danger qui existe pour la nature et les hommes si aucune action n’est prise ». Parlant du budget que reçoit cet organisme, il explique « Nous ne dépensons pas beaucoup car nous n’avons pas beaucoup de personnes pour travailler », dit-il. Selon un membre, des appareils « valant des millions de roupies » ne sont pas utilisés « à cause d’un manque de personnel ». Avec le nombre croissant de cargaisons, qui demandent une vérification de toute nourriture importée, il avance que le personnel se retrouve « avec un surplus de travail ». Pour Ahseek Nadeem, « si le côté alimentaire est protégé, de nouvelles Petites et moyennes entreprises pourront surgir dans ce domaine ».