Le président de la National Trade Union Confederation (NTUC) a expliqué hier que les syndicats composant cette confédération syndicale sont contre l’institution d’une National Investment Authority. Pour cause : les Rs 130 milliards dont disposent le National Pension Fund et le National Savings Fund seront investies dans cette nouvelle autorité, comme prévu dans le Budget 2017-18.
« National Investment Authority (NIA) li kouma enn konpani prive », a déclaré le président de la NTUC, Narendranath Gopee, qui rencontrait la presse hier à la Jade Court, Port-Louis. « Nou pale ki larzan travayer rant dan lame enn konpani prive. Akoz sa otorite-la li pou oper kouma enn konpani prive. » Entouré d’autres dirigeants de cette confédération syndicale, Narendranath Gopee a expliqué que le National Pension Fund (NPF) et le National Savings Fund (NSF) disposent déjà chacun d’un comité, qui décide de leurs investissements respectifs. « Ki pou fer ek enn NIA ? » s’est-il interrogé.
Le président de la NTUC a dit ses craintes qu’une éventuelle NIA investisse l’argent du NPF et du NSF dans des projets non rentables. Alors que « larzan NPF ek larzan NSF servi pou pey pansion ek “lump sum” bann travayer kan zot pran pansion », a-t-il expliqué. Il a d’autre part déploré que le gouvernement se soit permis de proposer la création de la NIA « sans aucune consultation préalable avec les travailleurs ou avec leurs représentants syndicaux ». Dans cette circonstance, « le gouvernement ne peut se prévaloir d’aucun droit légitime pour décider de façon unilatérale de la politique d’investissement de ces deux fonds pour les rentabiliser », a-t-il relevé.
Narendranath Gopee s’est dit d’autant plus révolté que le gouvernement s’est beaucoup targué de la « démocratie participative ». Il explique: « Si comme le gouvernement le prétend, le concept de démocratie participative est une de ses priorités – comme cela est attesté dans son manifeste électoral et dans son programme gouvernemental –, la NTUC estime que sur des questions d’intérêt national, le gouvernement devrait engager un dialogue social significatif avec les syndicats avant de prendre des décisions qui affecteront la population. » Et d’ajouter : « Eu égard du sérieux de l’intention du gouvernement d’aller de l’avant avec l’institution de cette NIA et en l’absence de toute autre information à ce sujet, la NTUC sollicite une rencontre avec le gouvernement pour éclaircir toute cette opacité. »
Narendranath Gopee s’est également montré très critique envers la nouvelle “Negative Income Tax”. « Le salaire minimum concerne l’employeur, mais la Negative Income Tax concerne la MRA. Kouma la plipar travayer ki gagn Rs 10 000 ou mwin dan sekter prive, kouma dir se gouvernman ki pe sibvantionn sekter prive », s’est-il indigné. Le syndicaliste Deepak Benydin a pour sa part exprimé des doutes quant à l’indépendance du nouveau National Economic and Social Council (NESC), comme annoncé dans le budget. « Le NESC est comme un parlement alternatif, une instance de délibérations. Mais le Premier ministre s’est adjugé la présidence de cette instance de débats nationaux. Comment peut-il être juge et partie à la fois, car c’est le gouvernement qui est appelé par la suite à entériner ou non les décisions arrêtées par ce conseil », a-t-il expliqué.
Radakrishna Sadien a de son côté questionné l’impact de la réduction de 10 sous sur le prix du pain et d’une roupie sur celui de la farine. Il a aussi commenté l’augmentation de la taxe sur l’alcool et la cigarette. « Nou tou kone ki sa na pa pou rezoud problem alkolism ek tabagism. Me se ti dimounn ki pou santi sa plis. Kouma dir ki se avek larzan ti dimounn ti pou fer developman aster », s’est-il indigné. Il a proposé l’organisation d’assises sociales en vue de discuter des problèmes sociaux, tels l’alcoolisme, le tabagisme et la drogue.