La State and other Employees Federation (SEF), sous la signature de son président, Radhakrishna Sadien, a écrit à Mohamed Sikieh Kayad, directeur-exécutif de la Banque mondiale pour notre sous-région, afin de l’enjoindre de s’assurer que cette institution des Accords de Bretton Woods cesse de promouvoir la privatisation de l’eau, y compris les « water public-private partnerships » (PPS).
Exhortant la Banque mondiale à ne plus promouvoir la privatisation de l’eau, Radhakrishna Sadien argue que « la privatisation de l’eau, y compris les projets  “public-private partnerships” (PPS), a échoué ». Et de poursuivre : « De l’Inde aux Philippines en passant par le Nigeria, la privatisation de l’eau n’a résulté qu’en une montée en flèche des tarifs, à la coupure de la fourniture d’eau aux familles qui ne peuvent plus payer, aux licenciements des employés, à la corruption et à la mauvaise gestion, aux problèmes de la qualité de l’eau, à ceux majeurs de redevabilité, de transparence et de mauvaise gouvernance. »
Le président de la SEF rappelle qu’en avril dernier, un membre de la Chambre des Représentants aux États-Unis, Gwen Moore, avait rédigé une lettre au Groupe de la Banque mondiale (voir encadré). Elle y dénonçait des « conflits d’intérêts troublants » parmi les activités du Groupe de la Banque mondiale en tant que propriétaire partiel des sociétés nationales des eaux et conseiller des gouvernements en matière de privatisation de l’eau. «Nous faisons nôtres ces inquiétudes et insistons pour que l’International Finance Corporation désinvestisse de toutes les sociétés nationales des eaux, et permette que la prise de l’élaboration des décisions concernant l’eau revienne au peuple et à leurs représentants légitimes », insiste Radhakrishna Sadien. « En outre, nous voudrions mettre l’accent sur l’importance du groupe de la Banque mondiale de cesser tout soutien aux projets d’eau selon la formule PPS, y compris ceux à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (IBRD) et l’Association internationale de développement (IDA). Les projets PPS ont causé d’énormes problèmes dans le monde », souligne-t-il.
Le syndicaliste précise que, selon les recherches de la Banque mondiale elle-même, les avantages des projets PPS pour étendre l’accès à l’eau sont au mieux non-fondés et au pire non-existants, voire même contre-productifs. « Nous observons également à travers le monde une reprise de la gestion de l’eau par les municipalités, ce qui reflète les expériences à long terme sur le terrain avec les PPS », observe-t-il.
Le président de la SEF estime que considérant les bénéfices douteux des PPS pour les pauvres, la vive et grandissante controverse ainsi que les décisions de plus en plus fréquentes de renverser les privatisations, sa fédération syndicale suggère que le groupe de la Banque mondiale cesse de promouvoir, de soutenir et d’imposer les PPS dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement. « Nous vous demandons par conséquent d’user de votre influence en tant que directeur-exécutif de la Banque mondiale pour que le board commence à solliciter le concours de la société civile. Et que la Société financière internationale désinvestisse ses parts dans les sociétés nationales de l’eau !», lance-t-il à Mohamed Sikieh Kayad.