Le président de la Government Services Employees Association, Radhakrishna Sadien, propose l’élaboration d’un code de conduite pour les syndicats du pays. L’objectif est de promouvoir l’unité syndicale et de renforcer la confiance des travailleurs dans le syndicalisme.
« Nous avons tous vu ces derniers temps des syndicalistes qui n’hésitent pas à laver leur linge sale en public. Cela ternit et dégrade l’image du syndicalisme parmi les travailleurs qui s’en trouvent alors désemparés », explique au Mauricien le président de la Government Services Employees Association (GSEA), Radhakrishna Sadien. « Tout cela ne fait pas joli, joli, et ne promeut en aucune façon l’unité syndicale et encore moins une certaine entente, si nécessaire, entre les dirigeants syndicaux », ajoute-t-il.
Dans le but de promouvoir l’unité syndicale et l’entente entre les dirigeants syndicaux, Radhakrishna Sadien propose l’élaboration d’un code de conduite. Il invite ses confrères à s’y adhérer. « Ce n’est qu’une proposition. Le commencement d’un processus. Il s’agit maintenant de nous asseoir autour d’une table et d’arriver à partir de l’ébauche que je propose à un document auquel nous pourrions tous prendre l’engagement de respecter », soutient-il.
Que propose ce code de conduite des syndicats ? Selon le président de la GSEA, il sera question de la prévalence de la démocratie syndicale, de la transparence de l’action syndicale et de s’abstenir de critiquer les confrères syndicalistes en public. « La démocratie syndicale est une évidence. L’on voit mal comment un syndicaliste peut prendre une position sans au préalable consulter ses membres. L’expression des divers courants et sensibilités doivent se refléter dans la prise de position du syndicat. Un dirigeant syndical ne peut faire valoir que son point de vue personnel. L’opinion de la minorité, des femmes et des jeunes, doit pouvoir se faire entendre dans un syndicat. La démocratie est le moteur de l’action syndicale », élabore Radhakrishna Sadien.
Selon notre interlocuteur, en respectant le jeu démocratique, un syndicat encourage la liberté d’expression et incite les membres à plus de responsabilité et au respect de l’opinion d’autrui.
« Cette obligation de transparence dans l’action syndicale découle du premier principe de la démocratie syndicale. Les membres et le public doivent connaître les motivations profondes de leurs dirigeants syndicaux. On voit difficilement les syndiqués suivent les dirigeants s’ils ne comprennent pas clairement la prise de position de leur direction. Cela impose sur les dirigeants un devoir d’honnêteté, d’objectivité, d’équité et de respect mutuel à tous sans distinction aucune », précise le président de la GSEA.
L’adoption du principe de la transparence, selon notre interlocuteur, est un « outil puissent » dans la lutte contre la corruption au sein des syndicats. « Car partout où il y a pouvoir, il y a tentation et seule la transparence permet de combattre la corruption », soutient Radhakrishna Sadien.
« L’adoption du principe de s’abstenir de critiquer ses confrères en public n’est pas une négation de la démocratie, ni l’installation de l’omerta dans les syndicats, ni la pose d’un voile sur les travers des syndicalistes, ou sur les manquements des syndicats. C’est tout simplement un protocole consistant à donner l’occasion à tous de se retrouver au préalable autour d’une table pour régler les différends sans pour autant que les choses ne soient exposées sur la place publique. Car l’expression publique des différends fait un tort immense à l’unité syndicale et sape le moral des syndiqués et décourage les travailleurs en général à se syndiquer », explique le président de la GSEA. Et d’ajouter : « Quoi qu’il en soit ce ne sont que des propositions. À la GSEA, nous restons ouverts aux propositions allant dans le sens de l’élaboration d’un code éthique pour les syndicats à Maurice. »