La Federation of Public Sector and other Unions (FPSOU), par la voix de son président, Rashid Imrith, réclame un changement dans le mode de fonctionnement du Pay Research Bureau et que cette instance qui décide des salaires et des conditions de travail dans le secteur public adopte une approche tripartite (syndicats, gouvernement et PRB). Rashid Imrith a aussi commenté la grève des victimes du Super Cash Back Gold et le calcul du salaire minimum par le National Wage Consultative Council.
« Nous pensons qu’il est temps de revoir le mode de fonctionnement du Pay Research Bureau (PRB) pour déterminer la révision des salaires et des conditions d’emploi des fonctionnaires. Au lieu de continuer à décider unilatéralement des choses, le PRB doit s’inspirer de la philosophie de la négociation collective et engager des discussions tripartites réunissant les syndicats, le gouvernement et le PRB en vue de la préparation et l’élaboration du rapport périodique du PRB », a précisé Rashid Imrith, lors d’une rencontre avec la presse. « Nous exhortons le ministre de la Fonction publique à convoquer ces trois parties pour commencer les négociations triparties pour la publication du prochain rapport PRB prévue pour fin 2019 afin qu’il puisse être implémenté à partir de janvier 2020 », a-t-il ajouté.
Le syndicaliste déplore par ailleurs le « silence » du ministre de la Fonction publique, Eddy Boissézon, sur l’opportunité de donner les directives appropriées au PRB pour commencer à préparer ce prochain rapport et à examiner les manquements notés dans le dernier. « Une discussion tripartite sera plus à même de nous permettre de trouver dans le consensus des solutions acceptables à toutes les parties concernées ».
Parlant des remboursements à faire aux victimes du Super Cash Back Gold (SCBG), Rashid Imrith a mis en garde le gouvernement contre toute tentation de puiser dans le National Savings Fund et le National Pension Fund pour le faire. « Nous espérons que ce que sont que des rumeurs. L’argent des travailleurs est sacré. Cet argent sert à payer leur pension et leur lump sum ».
Par rapport à la crise de l’effondrement de la BAI et du problème des victimes du SCBG, le syndicaliste a fait trois propositions. « D’abord, un changement structurel dans la législation régissant les compagnies pour enlever la « limited liability » afin que les responsables des entreprises qui fautent puissent être redevables envers leurs actionnaires et clients et pouvoir par conséquent répondre de leurs actes ».
Rashid Imrith a ensuite réclamé une réunion « urgente » de l’Assemblée nationale pour instituer un Compensation Fund dans lequel les compagnies du secteur financier verseraient 1 % de leurs profits et la Financial Services Commission les Rs 350 à Rs 400 millions de surplus qu’elle réalise annuellement. « Les victimes des malversations des compagnies financières pourraient être indemnisées à partir de ce fonds qui deviendrait permanent ».
Parlant du National Wage Consultative Council (NWCC), le syndicaliste a avancé que sa centrale estime que le salaire minimum doit tourner entre Rs 18 000 et Rs 20 000. « L’introduction du salaire minimum viendra bouleverser la parité entre les salaires. Il faudra que le NWCC offre par conséquent un réajustement salarial à tous les travailleurs mauriciens pour conserver la parité des salaires ». Pour les compagnies du secteur privé qui ne pourraient pas payer le salaire minimum, Rashid Imrith propose que l’État adopte une politique d’équité salariale en proposant un « salaire indirect » en payant, par exemple, pour les services publics (eau et électricité) des salariés.