La National Trade Union Confederation (NTUC), regroupant des syndicats du service civil, s’élève contre les calculs pour le salaire minimal. Pour son président, Narendranath Gopee, une somme de Rs 14 000 serait appropriée. Jusqu’ici, les explications fournies par le président du National Wage Consultative Council indiquent une somme de Rs 8 500. Il invite les syndicalistes qui siègent au conseil à assumer leurs responsabilités.
« Le National Wage Consultative Council est une farce. Nous ne croyons pas dans ce conseil et nous dénonçons la manière dont le travail se fait », dit Narendranath Gopee. Ce dernier déplore le fait que le conseil ait choisi « le moyen le plus facile pour déterminer le salaire minimal en optant pour 60% du salaire médian autour de Rs 14 000 ». Or, ajoute Narendranath Gopee, selon les statistiques, il y a une concentration des salaires autour de ces chiffres.
En se basant sur des détails fournis par le ministre des Finances, la confédération syndicale est d’avis que le salaire minimum à Rs 8 500 se situerait en dessous du seuil de la pauvreté. « Le ministre des Finances a dit lui-même que la “poverty line” à Maurice se situe à USD 3,10 par jour et par individu. Pour une famille de quatre personnes, cela fait donc une somme de Rs 13 000. C’est pour cela que nous disons que le salaire minimum doit être à Rs 14 000. »
La NTUC invite ainsi le National Wage Consultative Council à revoir sa position sur le salaire minimum. Il demande également aux syndicalistes siégeant au conseil d’assumer leurs responsabilités. « Ils sont là-bas pour défendre les intérêts des travailleurs. Ils auront des comptes à rendre aux travailleurs demain. »
Par ailleurs, la NTUC s’élève contre la décision du ministère du Travail d’envoyer les amendements au State Law Office sans consulter les syndicats. « On nous avait invités à faire des propositions et nous avions demandé une copie du “draft” avant de transmettre le dossier au SLO. Or, selon nos informations, cela a déjà été fait sans consulter les syndicats. »
Narendranath Gopee, qui avait rendez-vous avec le Premier ministre Pravind Jugnauth à la mi-journée, évoquera ces deux dossiers avec lui. « Nous savons tous que nous avons deux lois du travail qui ne sont pas en faveur des travailleurs. C’est pour cela que nous avons réclamé des amendements, pour que cessent les abus des employeurs. Or, valeur du jour, nous avons des craintes que les amendements n’apportent pas de solutions à ce problème. Les organisations des travailleurs ont été isolées. »
La NTUC dit avoir également appris qu’un comité ministériel a été constitué pour discuter des amendements proposés à l’Employment Relations Act (ERA) et l’Employment Rights Act (EriA). « Sur ce comité, il y a des ministres anti-travailleurs. Nous demandons qu’il y ait un comité conjoint comprenant des représentants des travailleurs pour discuter de la question. »