Après l’agression de Kalim Ramjaun, receveur de l’United Bus Service, mardi soir à la gare de Cité La Cure, le Front Commun des Syndicats du Transport monte au créneau pour dénoncer « l’indifférence des autorités envers les employés du transport public ». Son président Yousouf Chotoye évoque l’insécurité qui guette les employés le soir et insiste sur une présence policière dans les gares à ces heures.
Kalim Ramjaun, receveur de l’United Bus Service (UBS) sur la ligne Port-Louis, a été agressé mardi soir à la gare de Cité La Cure. « Letan linn aret lor lagar Cite La Cure pou desann pasaze, linn truv enn dimoun ek elmet, li pann gaygn letan ferm laport, misye-la in rant ar li pou rod pran tou kas. Letan linn debat, voler-la inn sove », relate le président du Front Commun des Syndicats du Transport (FCST) Yousouf Chotoye. Blessé à la main, le receveur a été admis à l’hôpital Jeetoo. L’affaire a été rapportée au poste de police d’Abercrombie.
Face à cette situation, le président du FCST s’indigne de « l’indifférence » des autorités. « Cela fait des années que nous demandons une présence policière dans les gares à des heures tardives. Il y a eu tant d’agressions déjà », déplore Yousouf Chotoye. Le ministère du Transport devrait intervenir pour améliorer la sécurité des employés du secteur du transport, dit-il, car « ce n’est pas un métier facile ; nous commençons notre journée très tôt et elle se termine très tard. Nous faisons des trajets dans des endroits dangereux dès fois ».
Notre interlocuteur déplore par ailleurs l’absence de réaction du ministère concerné à chaque fois qu’il y a un problème. « Quand deux infirmiers avaient été agressés, la ministre de la Santé d’alors est tout de suite venue de l’avant pour régulariser cette situation alors que le ministre du Transport Anil Bachoo reste toujours insensible à nos doléances », soutient Yousouf Chotoye.
Cependant, bien que tous les autobus soient depuis quelque temps dotés d’un coffre, Yousouf Chotoye reconnaît que les receveurs ne s’en servent pas. Pourtant, cette mesure a été introduite à la suite des agressions dans le passé en vue de décourager les voleurs, car les receveurs sont appelés à mettre tout l’argent dans le coffre dont les clés restent au garage. « Il y a un laisser-aller. La direction doit rendre obligatoire l’utilisation de ce coffre », déplore-t-il.
Par ailleurs, le syndicaliste évoque plusieurs difficultés auxquelles les employés de transport sont confrontés. « Il n’y a aucune discipline malgré les règlements. Mais ce sont toujours les employés qui sont les victimes », soutient Yousouf Chotoye. Le président du FCST fait état du ras-le-bol des employés de transport face à l’attitude des passagers. « Travayer nepli oule travay parski partou zot gaygn problem. Depi vye dimoun ziska zanfan lekol, se toultan anploye transpor piblik ki antor. Tou lezour zot nek ale lor radio pou plenye. Si nou aret bis pou al station, se enn bis pasaze an antye ki penalize. Nou pa fer li », affirme le porte-parole des employés du transport public. Pourtant, poursuit M. Chotoye, « dans la plupart des cas, si nous avons un problème avec un passager c’est parce que nous ne faisons que suivre les directives de nos employeurs ». Et d’ajouter : « Person pa defann lintere travayer transpor. »