La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) veut faire de la démocratie et la liberté syndicale dans le monde du travail son cheval de bataille pour 2016. À cet effet, elle organise ce lundi, à partir de 10 h, une journée d’activités au Jardin de La Compagnie, à Port-Louis. L’objectif : attirer l’attention des autorités sur les conditions de travail dans le secteur privé.
« Il est grand temps de consolider la liberté et la démocratie syndicale ». C’est l’appel lancé par le porte-parole de la fédération, Atma Shanto, qui explique le but derrière la journée d’activités prévue ce lundi au Jardin de La Compagnie. Au programme : distribution de tracts et exposition pour sensibiliser sur les droits fondamentaux de l’individu dans le contexte du travail. La Fédération estime qu’il faut mettre un frein aux tentatives de répression syndicale et à toutes activités visant à entraver l’action syndicale, qui enfreignent du coup le droit à la liberté et celui de s’organiser.
Plusieurs dirigeants syndicaux prendront la parole ce jour-là. Une conférence de presse est également prévue en vue de commenter la situation dans le secteur privé avec des pratiques jugées de plus en plus anticonstitutionnelles et inhumaines au quotidien dans le lieu du travail. « Les cas en hausse de violation de la démocratie et de la liberté syndicale sont devenus inquiétants sans compter les actes de répression et d’intimidation », explique Atma Shanto. Selon ce dernier, ce sont les travailleurs syndiqués qui sont principalement menacés.
La répression syndicale est en effet perçue comme des tentatives délibérées du patronat de décourager le mouvement et l’organisation autour d’un mouvement syndical. « Les employés du secteur privé sont souvent sanctionnés pour avoir revendiqué la reconnaissance de leurs droits ou convoqués à comparaître devant un comité disciplinaire », ajoute Atma Shanto. Ce dernier dénonce également la présence de caméras de surveillance dans les lieux du travail, surtout dans les espaces utilisés par les employés. L’utilisation de ces appareils, dit-il, a dévié de son objectif premier qui est d’assurer la sécurité. Les caméras de surveillance seraient utilisées pour épier les mouvements des employés, ce qui constitue, dit notre interlocuteur, une violation à la liberté syndicale. « L’attitude antisyndicale existe toujours en 2016 », déplore Atma Shanto. Le syndicaliste estime qu’il est grand temps d’amender les lois afin de permettre à la National Human Rights Commission d’enquêter sur les cas de violation des droits des travailleurs dans le secteur privé. Actuellement, les pouvoirs d’enquêter de la HRC sont limités au secteur public et aux corps para-étatiques.