La Fédération des Travailleurs Unis se retire de la Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité (CSG-S). Atma Shanto, négociateur de la FTU, a fait part de cette décision, avec effet immédiat, dans une lettre adressée à la confédération hier matin. Il dit en avoir ras-le-bol avec le « one-man-show » d’Ashok Subron, animateur de la General Workers Federation (GWF). La décision de la GWF de faire bande à part le 1er-Mai, en tenant un rassemblement syndical à Réduit, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
La Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité a vu le jour à la suite d’une décision commune de la FTU, de la Federation of Progressive Unions (FPU) de se retirer de la National Trade Union Confederation (NTUC) et de fonder un mouvement syndical de gauche, basé sur la confiance, l’honnêteté et la solidarité. Mais dans une lettre adressée au président de la CSG-S, la FTU fait part de sa décision de se retirer de la confédération, avec effet immédiat. Elle explique qu’elle a éprouvé du scepticisme quand une organisation, ayant pour acronyme C.A.R.E.S, a commencé à financer les projets de la CSG-S alors qu’elle financerait déjà ceux de Rezistans ek Alternativ, laissant penser à une « mainmise » de Rezistans ek Alternativ sur la stratégie et la prise de décision au sein de la CSG. La FTU, explique Atma Shanto, a décidé de maintenir le silence, afin, écrit-il, de ne pas créer des conflits au sein de la Confédération.
Les choses ont pris une nouvelle tournure dans le cadre des amendements aux lois du Travail, dont le draft amendment bill a été présenté en décembre 2012 par le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Shakeel Mohamed. À l’insu de la CSG-S, Ashok Subron, animateur de la GWF aurait convoqué une réunion des délégués de la GWF et du Joint Negociating Panel (JNP). Une pétition/lettre devait être rédigée en vue d’être adressée au Premier ministre, mais que le syndicaliste Atma Shanto au nom de la FTU s’est refusé à signer. Le syndicaliste accuse ainsi Ashock Subron, de mener une « lutte en solitaire » et de faire fi de l’unité syndicaliste, ignorant les autres collègues syndicalistes.
Mais, la goutte d’eau qui a fait débordé le vase est l’annonce publique le 16 février dernier, d’Ashok Subron de tenir séparément un rassemblement GWF/JNP le 1er mai à Réduit, en guise d’activités pour la fête du Travail. Cela a mis fin à la résolution votée en 2008 par les confédérations et fédérations syndicales de tenir conjointement un rassemblement syndical le 1er mai à La Place des Taxis, Beau-Bassin. « The FTU is fed up with this one-man-show of Ashok Subron », écrit Atma Shanto dans sa lettre. Dans une déclaration à la mi-journée au Mauricien, le syndicaliste explique que la résolution de se retirer de la Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité a été déposée aujourd’hui et non pas avant le 1er mai, « pou pa segn mouvman sindical ». « C’est avec regret que nous avons eu à prendre cette décision. Beaucoup de travail a été accompli au sein de la confédération. Nous avons travaillé sur plusieurs dossiers, préparé plusieurs documents, fait beaucoup d’efforts ensemble afin de faire avancer la cause syndicale », affirme Atma Shanto.
Contacté au téléphone, Ashok Subron s’est abstenu de tout commentaire. Clency Bibi, président de la CSG-s trouve pour sa part « regrettable » la décision de la FTU de se retirer de la Confédération. « L’histoire retiendra la prise de position de la FTU », dit-il. « En tant que président, j’ai fait ce qu’il fallait… Mo leker kler… À plusieurs reprises, j’ai contacté Atma Shanto, qui était le secrétaire général, afin qu’il convoque une réunion, mais il ne l’a jamais fait », ajoute Clency Bibi. « Je suis étonné de la décision d’Atma Shanto, d’autant plus que ce dernier n’a jamais évoqué un quelconque problème au sein de la CSG lors des réunions », poursuit notre interlocuteur.