Peu connu, le syndrome du bébé secoué est souvent difficile à déceler. Cette forme de violence peut cependant avoir des répercussions graves sur l’enfant, voire être fatale. En France, la Haute autorité de santé a présenté cette semaine des recommandations aux professionnels de santé pour mieux détecter cette affection. Secouer un bébé, surtout avant l’âge d’un an – soit par énervement, par épuisement ou pour jouer – peut s’avérer fatal. Il est estimé qu’entre 10 à 40 % des enfants victimes peuvent en mourir alors que d’autres gardent des séquelles à vie.
Il arrive que par épuisement ou par énervement face aux pleurs continus d’un bébé, un parent ou une nounou le secoue. Ce geste peut provoquer des lésions graves au cerveau ou conduire à sa mort, surtout quand il a moins d’un an. Mais, même au-delà d’un an, des secousses violentes peuvent entraîner de graves blessures.
Selon les spécialistes, même si l’enfant a échappé à la mort dans la plupart des cas les dégâts sont irréversibles. L’enfant peut présenter une cécité, des crises d’épilepsie, des paralysies ou des troubles mentaux. Il y aurait en France au moins 200 syndromes de bébé secoué chaque année, un chiffre qui selon la Haute autorité de santé (HAS) est fortement sous-estimé.
Dans ses recommandations faite cette semaine aux médecins, la HAS leur donne des indications précises pour déceler cette affection car les symptômes seraient encore peu connus. Les médecins français ont ainsi été invités à « penser systématiquement au diagnostic de secouement en cas de traumatisme crânien, de symptômes neurologiques ou de changement inexpliqué du comportement du bébé ».
La HAS demande aux médecins en France d’agir vite dans de pareils cas et de procéder à un examen clinique complet sur l’ensemble du corps du nourrisson afin de rechercher des marques de maltraitance. Il est estimé que 10 % des bébés victimes de ces secousses en meurent et 75 % d’entre eux présentent des séquelles. Les bébés concernés sont ceux âgés de moins d’un an et plus particulièrement ceux de moins de six mois. Les garçons sont davantage touchés. Il semblerait que dans davantage de cas, ce sont les premiers enfants qui sont secoués, les parents manquant d’expérience ou étant épuisés et stressés lorsque leur bébé n’arrête pas de pleurer.
En fait, la constitution des bébés de moins de six mois fait qu’ils sont très fragiles. Leur tête, grosse et lourde est plus ou moins en disproportion avec leur petit corps. Les muscles de leur cou n’étant pas encore forts, la tête ne tient pas bien. De plus, leur cerveau étant encore petit, il ne remplit pas la boîte crânienne. Lorsqu’on leur fait faire des mouvements violents, la tête balance en avant et en arrière et leur cerveau a de grands risques de s’écraser contre les parois osseuses de la boîte crânienne et causer une rupture des vaisseaux sanguins. Peuvent survenir alors des hémorragies intracérébrales, des lésions de la rétine et des hémorragies intrarétiniennes.
Le syndrome du bébé secoué peut se présenter en plusieurs façons : une fatigue ou une somnolence brutale comparables à celles entraînées par un virus ; des vomissements, un malaise, une perte de connaissance, une crise d’épilepsie ; un arrêt cardiaque ; un arrêt respiratoire ; une paralysie ou une perte de la vision. Si après avoir été violemment secoué, un nourrisson présente des convulsions, une fontanelle bombée, des troubles de la respiration, des hémorragies au niveau des yeux, des hématomes (marques bleues) sur le corps et les bras, il convient de se rendre en service d’urgence. Toutefois, ces symptômes peuvent aussi relever d’une autre maladie telle une méningite ou un accident. C’est pourquoi il est mieux de faire un examen médical.
Le syndrome du bébé secoué étant souvent le résultat d’une maltraitance, certaines fois, l’acte relève davantage de l’imprudence –  par exemple dans l’intention de jouer avec le bébé on lui fait faire des mouvements de rotation ou on le secoue – sans qu’il soit lié avec une volonté de faire violence. C’est pourquoi il est important de savoir qu’il ne faut jamais faire un tel acte. Il est conseillé aux parents d’apprendre à éviter de s’énerver ou de secouer leur enfant lorsque celui-ci pleure.
Une des principales causes poussant la personne qui surveille l’enfant à le secouer étant ses pleurs excessifs, il est impératif que les parents s’assurent que la nounou ou puéricultrice ou autres membres de la famille gardant le bébé soient au courant des dangers qu’implique le fait de secouer un enfant.
Du côté des parents, pour essayer de calmer son bébé lorsqu’il pleure, il faut se demander s’il n’a pas chaud ou froid, faim, s’il fait de la température ou si sa couche est remplie. Si, après toutes ces vérifications, il continue à pleurer et que, épuisés, vous ne supportez plus d’entendre ses pleurs, vous pouvez soit demander de l’aide à un proche ou assurez-vous que l’enfant est en sécurité dans son lit et sortez prendre quelques minutes de répit.
Pour beaucoup de spécialistes, il est important que l’acte de secouer un bébé soit reconnu comme un crime pour décourager les récidives des bourreaux. Les adultes, que ce soit les nounous, les puéricultrices ou les parents ne devraient avoir aucune excuse pour utiliser cette forme de violence contre un bébé qui n’a que les pleurs pour exprimer leurs besoins et souffrances.