Mauritius Telecom / Orange et Emtel sont tombés d’accord pour partager certains de leurs sites d’antennes relais. Les CEOs de ces deux opérateurs de téléphonie mobile ont signé jeudi un accord portant sur le « Tower Sharing Agreement » à l’hôtel Le Labourdonnais. Ils invitent le troisième opérateur Mahanagar Telephone Mauritius Ltd à exploiter ces infrastructures s’il le souhaite.
Pour ce projet initial, Mauritius Telecom / Orange accueillera son concurrent Emtel sur cinq de ses antennes relais et Emtel abritera MT / Orange sur cinq de ses infrastructures. Le partage de sites et d’antennes relais va permettre, selon les deux opérateurs de téléphonie mobile, de réduire l’impact visuel de ces infrastructures. Cette mesure va également permettre aux opérateurs de déployer leurs services plus rapidement et d’économiser sur les coûts associés au déploiement de nouvelles antennes relais.
À ce jour, les Mauritius Telecom / Orange et Emtel gèrent chacun 275 sites à travers l’île. Emtel déploie entre 30 à 40 de ces infrastructures chaque année. Les opérateurs justifient le déploiement des antennes relais à travers le pays en vue d’assurer le fonctionnement du réseau, qui permet d’emblée d’accommoder d’autres services. « Au fur et à mesure que le nombre de clients augmente et que la gamme et les types de services s’étendent, il est nécessaire de mettre en place davantage de sites d’antennes relais pour faire face à la demande et fournir une meilleure couverture », explique le CEO d’Emtel Shyam Roy. 
Le CEO de MT Sarat Lallah poursuit dans la foulée : « Avec la demande croissante de services mobiles et la nécessité pour les opérateurs d’assurer les services voix et de données en vue de garantir une couverture adéquate chez chaque opérateur, il faudrait augmenter le nombre d’antennes relais. On se retrouverait avec ces infrastructures à chaque deux kilomètres. L’initiative de partage de sites permet de réduire l’impact visuel. » Il ajoute que les abonnés de MT / Orange et d’Emtel bénéficieront d’une couverture améliorée, en particulier dans les zones où la couverture de réseau d’un opérateur est limitée.
Polémique et appréhensions
La présence d’antennes relais près des habitations – à Maurice comme dans plusieurs pays du monde – suscite en général la polémique et de nombreuses appréhensions sur des possibles effets néfastes des ondes radio dégagées par ces infrastructures sur leur santé. Le CEO de MT concède que les opérateurs reçoivent régulièrement des plaintes quant à la présence de ces antennes dans des quartiers résidentiels : « Si nous ne pouvons installer des antennes relais  de téléphonie mobile comment donc allons-nous pouvoir fournir les services ? » a lancé Sarat Lallah.
Au cours d’un récent atelier de travail portant sur l’émission des ondes radio des antennes téléphoniques, le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (Tic) a fait état du résultat d’une enquête réalisée par l’Information and Communication Technologies Authority (Icta), qui soulignait  que les antennes relais n’ont pas de risques sanitaires. Tassarajen Pillay Chedumbrum attribuait par ailleurs les craintes du public au manque d’information. Le président de l’Icta Trilock Dwarka avait pour sa part donné la garantie que l’organisme régulateur veillerait à ce que les guidelines internationales soient strictement suivies et à ce que les émissions d’ondes radio demeurent en dessous des normes internationales.
L’Icta rendra obligatoires à compter du vendredi 23 septembre des normes techniques et administratives appelées « Deployment of Radiocommunication Infrastructure Technical and Administrative Standard for Electromagnetic Field (EMF) Safety », qui permettent à l’organisme régulateur de concilier, d’une part, les besoins des opérateurs de télécommunications d’installer des infrastructures de communication radio afin d’offrir aux utilisateurs des services de qualité précis. Et d’autre part de rassurer le public au sujet des préoccupations concernant les questions de santé et d’environnement.
Le ministre des Tic, qui dit encourager la colocation des antennes relais, explique qu’outre l’impact positif sur l’environnement et la pollution visuelle, cette initiative va permettre de réduire les émissions de carbone associées à l’acier, les peintures et les fossile fuels pour la production d’électricité.