Maïta et Jean-Raymond Rayapen sont un couple pas tout à fait comme les autres. Collègues de travail et amis depuis plus de vingt ans, ils vivent ensemble depuis neuf ans, après leurs divorces respectifs. Leur particularité : ils ont cinq enfants de leurs précédents mariages et un enfant en commun. Ce qui les inscrit à la fois au rang des familles recomposées et celui des familles nombreuses.
La complicité entre les deux tourtereaux est évidente. Chaque parole adressée de l’un à l’autre se fait les yeux dans les yeux. Les taquineries sont de mise et on sent bien qu’en matière d’humour, ils sont au diapason.
Maïta et Jean-Raymond se sont unis le 9 octobre 2010 après une demande en mariage pour le moins particulière. “J’étais dans un stade en Afrique du Sud, regardant le match France-Afrique du Sud, et j’ai senti qu’il me manquait quelque chose. J’ai appelé Maïta et je lui ai dit que je voulais l’épouser, alors que le son des vuvuzelas résonnait dans le stade”, raconte Jean-Raymond.
Complicité.
Cette complicité, on la retrouve chez les six enfants du couple, si l’on en croit les parents. Il faut savoir que Jean-Raymond avait déjà deux filles de son précédent mariage alors que Maïta avait trois fils. Puis est venu le petit dernier, il y a six ans. “C’était dur au départ pour les enfants. Mais, avec le temps, ils sont devenus très complices. Ils se connaissent depuis longtemps car ils se rencontraient lorsqu’ils venaient nous rendre visite à l’hôtel. Nous n’avons aucun problème avec eux; ils s’entendent très bien. Normalement, quand il y a beaucoup d’enfants dans une famille, c’est le chahut assuré. Mais pas chez nous. Il y a des hauts et des bas, mais il y a beaucoup plus de hauts”, confie Maïta. Jean-Raymond ajoute, non sans une pointe d’humour. “Chez nous, le problème, c’est qu’on ne peut pas acheter un poulet : il nous faut dix cuisses pour un repas.”
Le couple confie que ce sont les enfants qui avaient tout préparé lors du dernier St-Valentin. “Ils ont préparé le repas et nous ont laissés seuls. Nous avons dîné aux chandelles dans le salon. C’était très bien.”
De l’amitié à l’amour.
Le couple Rayapen aurait pu ne jamais exister. La première rencontre était loin de ressembler à un coup de foudre. “Quand je l’ai connu, je ne voulais pas de lui”, confie Maïta. “En la voyant, ma mère lui a demandé si son fils Jean-Raymond ne lui plaisait pas. Maïta n’était pas du tout sous le charme”, poursuit Jean-Raymond.
Maïta a d’abord été une amie du frère de Jean-Raymond. C’est en se retrouvant comme collègues animateurs à l’hôtel Trou aux Biches qu’une amitié est née entre les deux. “J’étais devenu son confident. On se racontait nos soucis, notamment nos problèmes de couple”, précise Jean-Raymond. “On a commencé à se regarder différemment. C’est là que tout a commencé…”
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TÉMOIGNAGES: Simple et sincère
Quarante ans qu’ils sont ensemble. Paul et Françoise sont un couple comme les autres. Il y a 32 ans, ils ont surpris plus d’un en proposant une cérémonie simple pour célébrer leur union. Lui était en pantalon velours et chemise en soie, elle dans une robe tout à fait ordinaire, coiffée d’un chapeau. C’est pieds nus qu’ils ont marché vers l’autel.
“Nous voulions que ce soit une cérémonie simple. Tous les deux, nous ne travaillions pas depuis longtemps et nous ne voulions pas faire de dépenses excessives”, explique Françoise. Nous sommes en 1980. Et alors que la langue créole n’était pas répandue dans les célébrations religieuses catholiques, leur cérémonie de mariage a été faite entièrement en créole, avec les traductions dues au père Michel d’Arifat.
La réception également n’a pas été grandiose : du champagne pour accompagner le gâteau, quelques gajacks que les parents avaient voulu mettre sur la table et une boisson alcoolisée. Elle a été très courte car ils devaient passer leur lune de miel à l’île de La Réunion et leur départ était prévu pour l’après-midi du même jour.
Les deux tourtereaux ne regrettent pas un instant leur audace. Ce qui était important pour eux, c’était la cérémonie du mariage. “Nous ne voulions pas débuter notre vie de couple avec des dettes”, soulignent-ils. Un souhait que leurs parents respectifs avaient choisi de respecter.
En avril, ils vont célébrer leurs 32 ans de vie commune. Chaque jour est une occasion de renouveler leur promesse d’engagement. Pour Paul et Françoise, le 14 février est un jour “ordinaire”. Ils ne font que se souhaiter bonne fête, sans aucun artifice : pas de cadeaux ni de dîner spécial.
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HISTOIRE D’AMOUR: La belle et le manuel
Elle est belle, extravertie, joviale, créatrice travaillant dans la décoration intérieure. Lui, le visage dur, look rasta (bien qu’il n’en soit pas un), introverti et travailleur manuel. Ils ne sont pas faits pour être ensemble ? On lui dit qu’elle mérite mieux. Mais elle se fiche pas mal du regard des autres sur leur couple. “Je l’aime, je me sens bien avec lui” : c’est cela qui compte pour Typhaine.
Le regard que leur entourage porte sur ce couple pas comme les autres rend parfois les choses difficiles. Ils doivent se battre pour que leur relation existe, pour vivre leur histoire d’amour, tout simplement. Les parents de la jeune femme approuvent leur relation, contrairement à certains membres de sa famille.
Pour Typhaine, la “bénédiction” que lui a donnée le père de Laurent peu de temps avant sa mort a suffi pour aimer davantage l’homme qui partage sa vie. “Il estimait que j’avais changé la vie de son fils. Il était certain que c’était moi qui pourrais faire son bonheur”.
Il m’écoute.
Laurent et Typhaine se connaissent depuis plusieurs années et sont même sortis ensemble il y a quelques années. Laurent, encore jeune et volage, a papillonné avec d’autres filles, au grand dam de Typhaine. Les deux amoureux se sont séparés et se sont perdus de vue.
Mais le destin a voulu qu’ils se rencontrent à nouveau. Elle s’est éprise de lui et a fini par lui pardonner ses incartades de jeunesse. “Il a mûri et il a bien changé”, affirme Typhaine, qui avoue que cela lui arrive de douter parfois de la sincérité de Laurent. Mais, à chaque fois, son amour pour lui finit par prendre le dessus.
Laurent peut sembler dur et taciturne, mais Typhaine considère qu’il est “gentil, serviable, rude travailleur et très aimant”. Elle qui le connaît comme personne d’autre estime que les gens ne devraient pas s’arrêter à l’apparence, mais apprendre à le connaître. Même s’il est vrai que Laurent ne s’exprime pas beaucoup. “Mais il m’écoute”, confie Typhaine.
Prince charmant.
La situation est parfois compliquée pour elle, lorsque les conversations sont à sens unique. Mais Typhaine n’en démord pas : elle apprécie Laurent pour ce qu’il est. “Quand on apprend à le connaître, il est différent.”
Depuis la mort de son père, Laurent s’est renfermé sur lui-même. Mais Typhaine est optimiste : elle affirme qu’elle se sent prête à l’aider à sortir peu à peu de sa coquille. Et qu’elle y parviendra.
Laurent et Typhaine sont certes différents. Mais on sait aussi que les contraires s’attirent. La jeune femme confie que sa relation avec Laurent lui fait beaucoup de bien. Elle compte continuer son conte de fée avec celui qu’elle considère comme son prince charmant…
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TÉMOIGNAGE: Sheila et Raja Reddy, L’amour malgré l’enfer
Sheila et Raja Reddy sont en couple depuis 19 ans. Malgré la forte dépendance de Raja aux drogues et ses déboires avec la justice, Sheila est toujours restée à ses côtés.
Depuis leur rencontre, le couple Sheila et Raja Reddy a vécu des situations difficiles. Raja a en effet passé trois années en prison à cause de la drogue, mais Sheila est toujours restée à ses côtés, malgré la réticence de ses parents. “Ils ne voulaient pas que nous soyons ensemble. Mais moi, j’ai toujours insisté. Il ne pouvait y avoir que Raja dans ma vie. Je me disais que je resterais avec Raja jusqu’à la mort, même s’il n’arrête jamais de se droguer. Aujourd’hui, je suis une femme encore plus comblée, la vie est belle.”
Le bonheur.
Si les Reddy ont surmonté toutes ces épreuves, c’est grâce à leur amour mutuel et sans faille. “Mon mari m’aime et me l’a toujours montré. Je l’aime également, et si nous sommes toujours ensemble aujourd’hui, c’est grâce à cet amour inconditionnel”, confie Sheila, émue. Aujourd’hui âgée de 46 ans, cette habitante de Pointe-aux-Sables a vu ses efforts et sa patience récompensés. “Aujourd’hui je suis heureuse. Cela fait un an que mon mari ne se drogue plus, et notre couple marche à merveille.” L’initiative est venue de Raja lui-même. Il y a un an, il décide d’essayer d’arrêter de se droguer et va dans un centre de réhabilitation. “J’ai réalisé que la drogue ne m’apportait rien de bon. Elle détruisait ma santé, tout comme celle de ma femme et de mes enfants. Avec seulement de la volonté, cela reste difficile. J’ai découvert qu’il fallait prier pour avoir la force de lutter”, raconte Raja. Ce qui réjouit Sheila. “Auparavant, il ne priait jamais. Aujourd’hui, il prie matin et soir.”
À la vie, à la mort.
Ce n’est pas la première fois que Raja tente de sortir de l’enfer de la drogue. À plusieurs reprises, Sheila a essayé de l’en extirper. “À chaque fois que j’ai essayé, il a rechuté. Quand il est venu me dire qu’il allait dans un centre de son propre chef, je l’ai encouragé à le faire, mais sans réel espoir que cela marche.” Et pourtant, cette fois, Raja a tenu bon, et Sheila est aux anges. “Cette année a été formidable pour nous. Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel.”
Époux modèle.
Si le couple vit presque un conte de fées aujourd’hui, c’est parce que leur amour, malgré tout, n’a pas été affecté par la drogue. Sheila explique que son mari s’est toujours bien occupé d’elle et de leurs enfants, même quand il était prisonnier de la drogue. “Mon mari est responsable. Il m’aide à la maison et ne laisse pas ses problèmes influencer notre vie de famille. S’il rentre du travail et ne me voit pas à la maison, il prend sa bicyclette et vient me chercher. Il s’occupe très bien de moi, et l’a toujours fait.”