Le catamaran Grand Cruiser avec deux Mauriciens et un ressortissant du Bangladesh à son bord a échoué depuis hier matin au large de l’île de La Réunion à quelque 300 mètres des côtes de Saint-Benoît. Dans un premier temps, les autorités réunionnaises, alertées par l’État et les conditions déplorables à bord de cette embarcation, ont monté une opération de secours avec survol du voilier sinistré par un appareil de l’armée de l’air et évacuation d’urgence des trois membres d’équipage. Mais après les premiers échanges d’informations avec la partie mauricienne, en particulier la direction générale de l’Anti-Drug and Smuggling Unit, l’enquête initiée à La Réunion pourrait prendre une autre tournure.
D’entrée de jeu, les enquêteurs français devront tenter d’éclaircir des contradictions flagrantes dans le cours des événements menant au naufrage à La Réunion du Ocean Cruiser, avec la voile arrachée par le mauvais temps dans la région. Faisant état de cette affaire, la chaîne de télévision réunionnaise, Antenne-Réunion, note que l’un des trois naufragés, un dénommé Fernando, avec une trentaine d’années d’expérience en mer, a soutenu que le voilier avait quitté Rivière-Noire avant de dériver pendant plusieurs jours.
Toutefois, les informations disponibles officiellement est que le catamaran a quitté son port d’attache à Rivière-Noire depuis le 6 octobre. Il devait se rendre à Madagascar avant de rentrer à Maurice. Vu que les trois naufragés ne disposaient pas de pièces d’identité pour présenter aux autorités réunionnaises lors du contrôle d’hier matin, Port-Louis a communiqué à Saint-Denis leurs noms et adresses sur la base des déclarations faites à Port-Louis aussi bien que les spécifications légales de l’embarcation. La presse réunionnaise, qui fait état de ce naufrage, avance que les trois membres d’équipage ne disposaient d’aucun papier, notamment de passeports et que les documents pour le catamaran ne sont nullement en règle.
Les membres d’équipage affirment qu’ils ont été pris par le mauvais temps et ont dérivé pendant plusieurs jours. Ils ajoutent qu’ils n’ont rien consommé au cours de ces derniers sept jours. Les indications fournies jusqu’ici aux autorités réunionnaises sont considérées comme étant très superficielles. L’enquête à La Réunion tente d’établir exactement la chronologie des événements depuis le 6 octobre jusqu’au naufrage d’hier matin, aussi bien que l’itinéraire emprunté par l’Ocean Cruiser pour mieux comprendre par quel tour de passe-passe, il s’était retrouvé immobilisé au large de Saint-Benoît à l’île de La Réunion.
Malgré le fait que les parents de ces Mauriciens soient sans nouvelles de leurs proches, aucune déposition de « missing at sea » n’a été faite à un poste de police ou à la National Coast Guard (NCG). Les autorités mauriciennes, qui s’interrogent sur ce volet de l’affaire, renoueront le contact avec les autorités malgaches pour obtenir confirmation de l’escale de l’Ocean Cruiser dans un des ports de la Grande île au cours des mois d’octobre et de novembre.
Les perquisitions effectuées sur le catamaran par des membres de la Brigade nautique de La Réunion n’ont pas permis de confirmer la présence de stupéfiants à bord. Mais de nouvelles inspections sont prévues avec l’Ocean Cruiser ramené au Port de la Rivière-des-Galets dès hier après-midi. Le voilier fait l’objet d’une saisie conservatoire en attendant les conclusions de l’enquête.
Au terme de l’enquête, les deux Mauriciens et le Bangladeshi peuvent au mieux être refoulés à Maurice même si des infractions à la loi française ont été commises. Une fois sur le territoire mauricien, ils subiront des séances d’interrogatoire serré sur leur périple à Madagascar depuis le 6 octobre.