Tableaux interactifs, ordinateurs, projecteur, connexion internet… Autant de moyens technologiques désormais à la disposition des élèves dans certains établissements. Les tablettes numériques devraient bientôt venir s’ajouter à ce lot d’équipements. Révolus le tableau noir, vert ou blanc, les craies et les feutres. Grâce à la techno-pédagogie, place à de nouveaux moyens qui viennent enrichir la façon d’enseigner et créer plus d’interaction.
D’ici quelques semaines – à moins que comme pour les laptops, ce ne soit qu’un effet d’annonce ?, chaque élève de Form IV devrait avoir en sa possession une tablette numérique pour l’accompagner dans ses études. Cela viendra s’ajouter aux moyens technologiques déjà en place, comme les ordinateurs, internet etc.
Les nouvelles technologies devraient s’intégrer davantage dans le système éducatif, à l’instar du primaire avec le projet Sankoré. Les manuels ont laissé la place à un programme informatique qui rend la classe plus ludique, avec un tableau interactif qui peut être manipulé aussi bien par l’enseignant que par les élèves.
Flou.
Mais aucun outil ne saurait faire de miracles sans les applications nécessaires à l’apprentissage. Si tout le potentiel de ces appareils n’est pas exploité comme il se doit, c’est l’argent des contribuables que l’on jettera encore une fois à la poubelle, souligne Avinash Meetoo, directeur de Knowledge Seven.
Au primaire, le projet Sankoré, lancé il y a quelques années pour les classes des Std IV à VI, bénéficie du support adéquat par le truchement du Centre for distance learning du Mauritius Institute of Education (MIE). Mais en ce qui concerne les tablettes numériques, c’est le flou qui prévaut. Le ministère de l’Éducation est toujours à la recherche de fournisseurs et de partenaires. Dans un communiqué publié sur son site web en ce début du mois de janvier, il précise ses ambitions et les spécifications requises pour ces fameuses tablettes.
C’est le MIE qui serait responsable du programme pédagogique, mais d’autres paramètres ne sont pas encore définis : la connectivité à internet, l’autonomie des appareils, la capacité de stockage des données, entre autres. Si tout se passe bien, environ 20,000 tablettes numériques seront distribuées gratuitement dans les 157 établissements secondaires de Maurice et de Rodrigues dans les semaines à venir.
Esprit critique.
On pourra alors envisager de parler de techno-pédagogie, car il faut au préalable définir la pédagogie appropriée, comme c’est le cas déjà pour Sankoré, confie Avinash Oojorah, le responsable de ce projet au MIE. “Une tablette, un projecteur et un écran ne sont rien sans la pédagogie car ce ne sont que des gadgets”, affirme-t-il.
Même si l’institution ne dispose pas encore de données pour connaître l’impact de ce projet dans le cycle primaire, il a reçu un excellent accueil, notamment par les élèves avides d’apprendre à travers les outils informatiques, confie Avinash Oojorah. “Cela a créé un certain engouement pour le numérique.” Avec le projet Sankoré, des cours dispensés dans un établissement peuvent être suivis dans toutes les écoles du pays si la connexion est rapide.
Selon Avinash Meetoo, les nouvelles technologies contribuent à révolutionner la manière d’enseigner. De ce fait, le métier même de l’enseignant est appelé à évoluer. Il n’a plus le monopole du savoir et se positionne également comme un coach pour encadrer les élèves et leur permettre de décoder la mine d’informations auxquelles ils ont accès grâce à internet ou à d’autres outils. Révolu également l’apprentissage par coeur. Les apprenants doivent faire davantage appel à leur esprit critique.
Moyens et finalité.
“La tablette, le smartphone et internet sont des moyens au service de l’éducation”, souligne Avinash Meetoo. “Mais il ne faut pas confondre finalité et moyens. La tablette permet d’apprendre des choses nouvelles alors que la finalité est que l’apprenant fasse mieux en classe. Les tablettes doivent donc disposer d’applications pré-installées, gratuites ou payantes, pour assurer le e-learning des différentes matières. Ce serait dommage de donner simplement des tablettes sans les applications nécessaires.”
Un avis que partage Om Nath Varma, directeur par intérim du MIE. “L’existence de la technologie ne garantit pas son utilisation optimale.” Il précise également que la technologie offre un plus à l’éducation car elle permet d’élargir les horizons, ouvre l’accès à l’information et oeuvre pour la démocratisation du savoir à peu de frais à travers des applications peu coûteuses.
Atouts.
Om Nath Varma met aussi l’accent sur un mécanisme d’assurance de qualité pour une bonne utilisation des ressources disponibles et l’encadrement des élèves par leurs parents ou un personnel qualifié. Tout comme Avinash Meetoo, il craint les abus sans un contrôle judicieux.
Les tablettes numériques seront certainement bénéfiques aux élèves, selon J.S., une enseignante d’Information Technology. Au primaire, elle considère que c’est un atout pour les matières comme les mathématiques, les sciences, l’histoire et la géographie. Elle estime que cela devrait être le cas également pour le secondaire. “Il est plus facile de faire des schémas; tous les outils nécessaires sont sous la main, il suffit de les utiliser”. Elle espère que ces tablettes numériques disposeront d’applications pour avoir accès à internet mais souhaite que les établissements secondaires disposent d’une bonne connexion pour une utilisation encore plus optimale des appareils.