C’est le sujet de toutes les conversations dans le milieu des affaires et plus particulièrement celui de l’hôtellerie. Il s’agit de ce qu’un communiqué de Beachcomber a qualifié de « séparation amicale » entre Beachcomber et Jean-Marc Lagesse, ex directeur du Paradis et de Dinarobin. Une « séparation amicale » qui aura, au final, côuté près de Rs 40 millions au groupe Beachcomber et qui est la conclusion d’une affaire compliquée, dont voici un résumé concocté à partir de recoupements d’informations de sources diverses.
C’est en  1983, à l’âge de vingt deux ans, que Jean-Marc Lagesse entre à Beachcomber après des études en hôtellerie en Suisse. Remarqué par Herbert Couacaud, le directeur du groupe, il va travailler dans différents départements du Paradis, dont il deviendra subséquemment le directeur. Plus tard on lui confiera, en plus, la gestion de l’autre fleuron de Beachcomber au Morne, le Dinarobin, avec le titre de Directeur général. Au fil des années Jean-Marc Lagesse devient un des hommes forts du groupe Beachcomber et certains voient en lui  un possible  successeur d’Herbert Couacaud, dont il fut longtemps un des proches. En 2005 Jean-Marc Lagesse ouvre avec sa femme, Virginie, « Lakaz Chamarel ». Il s’agit d’un Lodge haut de gamme situé dans les vallées de Chamarel  qui va devenir une référence en matière d’éco tourisme. Pour sa part Herbert Coacaud continue à faire grandir Beachcomber en multipliant les rachats et les rénovations et  fait construire, en 2005, une distillerie à Chamarel, qui porte le nom du village, et dont il confie la gestion à son fils cadet, Olivier. Au début de 2012  Olivier  décide de quitter la direction de la distillerie de Chamarel et cherche du travail. Après quelques mois de recherches infructueuses, il est finalement engagé par Beachcomber pour s’occuper du projet IRS de la Batterie de l’Harmonie, qui est sous la responsabilité de Jean-Marc Lagesse.
Des relations qui s’enveniment
?Les relations entre les deux hommes qui se connaissent pourtant depuis toujours vont rapidement se dégrader. Entre le Directeur général du Paradis et de Dinarobin et le nouvel employé de Beachcomber  la situation s’envenime au fil des mois et en  novembre, Jean Marc Lagesse recadre son jeune collègue à qui on prête une propension à avoir un mot sur tout. Le jeune Couacaud digère mal le « recadrage » et soumet le même jour sa démission. Dans l’après-midi Jean Marc Lagesse reçoit un message électronique d’Herbert Couacaud depuis le Maroc, où il est en mission. Ce sera la dernière communication  directe entre les deux hommes autrefois proches, très proches. Toutes les tentatives du Directeur général du Paradis et de Dinarobin de rencontrer son supérieur  pour lui donner sa version des faits ayant conduit à la démission d’Olivier Couacaud seront vaines. Une atmosphère pesante s’installe dpeuis au Morne. Au début de l’année,  Jean-Marc Lagesse est convoqué au siège de Beachcomber, à Curepipe le 8 janvier. Ce jour là, le responsable des Relations Humaines et un Consultant de Beachcomber  l’informent qu’il a été décidé qu’il doit abandonner la direction du Paradis et du Dinarobin pour prendre celle du Shandrani et du Victoria. Le handing-over au Morne doit se faire vendredi et le nouveau directeur du Shandrani doit assumer ses fonctions samedi matin.
Une proposition rapidement acceptée
?Si Jean-Marc Lagesse fait effectivement le handing-over avec  Jean Louis Pismont, le nouveau directeur des hôtels Beachcomber situés au Morne, il ne se rend pas pour autant au Shandrani. A la place il demande a son avocat, Me Hervé Duval junior, d’adresser une mise en demeure à la direction de Beachcomber, le 11 janvier. Dans ce courrier  l’avocat souligne qu’à aucun moment dans ce changement de poste ultra-rapide son client n’a eu la possibilité de s’expliquer, que cette décision de le changer d’affectation est arbitraire et illégale et doit être considérée comme une démission punitive. Il termine en soumettant  une proposition chiffrée contre une éventuelle démission. La proposition  envoyée le 11 février est acceptée et signée le 21 janvier.  Si Jean-Marc Lagesse refuse de s’exprimer,  Beachcomber a fait publier un communiqué  le 23 janvier. Il se lit ainsi  » nous tenons à préciser que Beachcomber et Jean-Marc se sont entendus pour une séparation amicale faute de pouvoir s’accorder sur la mutation qui lui avait été proposée dans le cadre d’une réorganisation. » Ce que le communiqué ne précise pas c’est que cette « séparation amicale » aura coûté près de Rs 40 millions à Beachcomber et engloberait les années de service ainsi que l’évaluation du préjudice causé par sa démission forcée. Le montant de cette somme risque de provoquer quelques remous chez les actionnaires de Beachcomber qui doivent se réunir en assemblée générale dans le courant du mois.  Surtout après les mauvais résultats dus a la crise et les dépenses supplémentaires encourues pour le projet au Maroc qui diminue d’autant les perspectives de dividendes.