Le coup d’envoi de l’éco-art festival The Bridge a été donné lors d’une soirée inaugurale hier par Jayeen Jhubhoo et les ministres Dayal et Baboo. Si l’exposition de la galerie éphémère que Françoise Gachet a montée sur la pelouse était fin prête à l’heure du rendez-vous, beaucoup restait à faire pour que les différentes aires du festival trouvent l’harmonie et la netteté qu’elles auront aujourd’hui pour l’ouverture au public à partir de 13 heures, jusqu’à l’aube demain, puisque chacune des trois journées se termine dans l’élektrozone du Big Willies.
Ouverte au public à partir de 13 h aujourd’hui, Riverland, le site principal du festival, le sera à partir de 11 h du matin ce week-end, alors que les sites d’accès libre, tels la plage de Tamarin, le sont dès l’aube avec de premières activités très matinales. Hier soir, le coup d’envoi du festival a été donné face aux partenaires du projet, en donnant un petit avant-goût de ce qui sera découvert durant ces trois jours d’union entre l’art, l’écologie et les industries humaines.
Le représentant de Trimethys, Jayeen Jhubhoo, a ouvert le bal après que la musicienne Sarasvati ait attiré les invités près de la première scène installée au son mélodique de son violon chinois, dont la vue contrastait avec le défilé de voitures sortant de Tamarin et son pont mythique, qu’on voyait juste au-dessus d’elle. Pour ce projet, qui est à la fois la vitrine de l’entreprise qu’il représente et la préfiguration événementielle de ce que pourrait être un village de Tamarin transformé en Smart City, son principal inspirateur a, dans une brève allocution, comparé ce festival à « un enfant en train de grandir ». The Bridge serait un enfant turbulent car il est très créatif, et borné, parce qu’il ne fait pas de concessions sur la préservation de l’environnement. Aussi l’orateur estime-t-il qu’il a un bel avenir grâce à tous les parents, tontons et tantines qui veillent sur lui et sa croissance.
Dans un discours passionné, le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, a assuré les organisateurs de tout son soutien à ce projet et a souligné l’urgence d’agir pour la préservation de l’environnement et la prévention des catastrophes climatiques, rappelant au passage les différentes activités entreprises par son ministère sur l’épineuse question des déchets et de l’érosion des plages. Le ministre des Arts et de la Culture, Santaram Baboo, a quant à lui annoncé officiellement le festival ouvert avant que les invités ne se dispersent dans la zone temporairement rebaptisée “Ozone”, vers la galerie d’art qui achevait tout juste ses installations.
Une vingtaine d’artistes, aux médias et inspirations diverses, ont contribué à l’exposition installée sous une marquise, plantée dans la pelouse au moelleux et au parfum chlorophyllien bien agréables. Simon Back a remplacé son pinceau par un tuyau d’arrosage cloué en spirale pour figurer ce que l’on suppose être une tête tandis que Laetitia Lor poursuit son travail sur la matière semblant représenter en grand l’infiniment petit. Impossible ici de détailler les différentes oeuvres présentes, si ce n’est qu’on y trouvera aussi bien de la sculpture que de la photo, de la vidéo, de la peinture ou du dessin, avec des matériaux qui vont de la pierre à l’ébène le plus précieux, en passant par le plastique recyclé, les pièces mécaniques et les bouts de perles ou morceaux de goni qu’un enfant de Tamarin, Jean-Yves L’Onflé, a incrustés dans un triptyque intitulé Vanishing Island, rehaussé par les effets de brillance de la résine. Nous y reviendrons.
Le rendez-vous de la soirée était aussi la performance de ces danseurs bouillonnant de vitalité que sont les frères Joseph, racontant à la fois le duel de deux frères qui tentent de s’affranchir l’un de l’autre pour prendre leur envol, et celui d’hommes en côte bariolée de peinture, empêtrés dans un entre-lac de plastique à bulles, qui vient former une étouffante seconde peau qui entrave leurs gestes et s’avère aussi malsaine que collante. Vivement l’homme et Maurice sans plastique !