Cet arbre est ici chez lui. Descendant de la famille des Sapotaceae, il fut domestiqué par l’homme et son commerce favorisa autrefois le développement de la fabrication de meubles et de navires. Symbole de résistance et de longévité, le tambalacoque, arbre endémique unique à Maurice peut atteindre jusqu’à 400 ans voire plus. A ce jour, la population est restreinte à environ 300 espèces réparties dans la forêt de Bel Ombre, sur la montagne du Pouce et dans la forêt du sud est. Le tambalacoque figure maintenant sur la liste rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature).
La forêt indigène de Maurice comprend de grands arbres au feuillage dense (la canopée) tels le bois d’ébène, le bois colophane, le bois olive, le bois natte. Le tambalacoque (Sideroxylon grandiflorum) fait partie de ces grands arbres dont mythes et légendes ont diffusé des symboles de force et d’éternité. L’espèce a été décrite par le botaniste Bojer. W en 1844 à une époque où il existait une importante population à Maurice. Le tambalacoque est en fait un arbre endémique majestueux, résistant et d’une grande longévité. Il est imposant par son tronc large et rectiligne et peut atteindre une vingtaine de mètres de haut. Il a son cousin à la Réunion qui est connu comme Bois fer. Autrefois, son habitat était le sud est et la montagne du Pouce. Aujourd’hui, avec le projet de recherches de plantes rares d’autres individus ont été répertoriés à Bassin Blanc, Chamarel, Bel Ombre, Ferney. Pour avoir une idée de sa force, on peut dire que les racines du tambalacoque sont solidement ancrées dans le sol. L’arbre est ainsi protégé contre les intempéries. A l’âge adulte, son feuillage devient coriace, d’un vert sombre et les jeunes feuilles sont recouvertes d’un duvet de couleur rouille. Les fleurs sont petites en forme de couronne et se situent au bas des tiges dans les parties dépouillées des feuilles. Les graines de couleur brune peuvent atteindre la forme de grosses noix. Elles sont solides et comportent deux faces : une face lisse et une face rugueuse. Les fruits du tambalacoque sont non comestibles.
Après le bois d’ébène, c’est le plus ancien de nos arbres endémiques.  Aujourd’hui, le tambalacoque est en danger critique. Les scientifiques ont tenté d’expliquer cet état de fait en établissant un lien entre l’arbre et le dodo. L’explication donnée était que l’indigestion des graines du tambalocoque par le dodo pouvait permettre sa germination. S’il est vrai que le dodo a pu manger les jeunes pousses de l’arbre et favoriser sa propagation, il existe d’autres facteurs quant la raréfication de l’arbre: l’envahissement des espèces exotiques, par exemple. Les experts du milieu naturel des Mascareignes Strahm et Cheke ont démontré que de nombreux spécimens du tambalacoque ont poussé depuis la disparition du dodo. Selon ces scientifiques si l’arbre est devenu rare à Maurice c’est peut-être due à une forme de concurrence avec d’autres plantes ou à l’introduction des cochons sauvages qui détruisent les jeunes plantes en fouillant la terre.
Beaucoup de recherches ont été faites sur le tambalacoque pour comprendre sa germination. Le Service des forêts et des particuliers ont pu faire germer les graines de l’arbre en pépinière avec succès. Les projets de conservation ont aussi souligné l’importance d’un espace approprié pour faire germer les graines.
Il est important de sauvegarder le tambalacoque parce que c’est une espèce unique par sa taille et qui fait l’objet d’un culte à cause de son histoire.