La valse est une danse de couple, sur un rythme à trois temps, dans laquelle les partenaires se tiennent enlacés. Ca vous rappelle quelque chose ? Laissez-moi vous rafraîchir les idées… Pour danser une valse, il nous faut un couple enlacé. A tout seigneur tout honneur, le couple vedette de notre tizil ne peut être nul autre que le tandem Bérenger / Ramgoolam qui font et défont l’actualité depuis bientôt deux décennies. Les trois temps maintenant : Rapport Sachs, Rapport Carcassonne et (futur) Rapport Sithanen (Bravo Rama… tu as encore une fois démontré que les fils du sol n’ont rien à envier aux autres !). Chacun a commandité son rapport, et maintenant que l’un ne peut accepter que l’autre puisse avoir raison, on a trouvé un nouveau chef d’orchestre qui soit en mesure de concilier les deux musiques afin d’entrer dans la même danse… cette fameuse valse justement.
Aujourd’hui, nos deux leaders bien aimés trouvent qu’il faut reformer le système électoral (le doit-on, par ailleurs ?…). Ils sont tous deux dans l’équation suivante : comment faire adopter une réforme qui puisse leur être bénéfique tout en se faisant passer, aux yeux de la population, comme celui qui a fait avancer la démocratie à Maurice ? Équation somme toute très difficile. En même temps Ramgoolam et Bérenger savent tous les deux qu’on ne pourra faire adopter une réforme sans l’accord de l’autre.
Donc, en ce moment ils se laissent porter par la musique du chef d’orchestre, se laissent envoûter par la valse, se regardent en admiration mais les connaissant, ils doivent toujours avoir dans un coin de leur tête qu’il faudra dégainer à un moment donné pour tirer le maximum de cette réforme. Ce moment ne se fera pas sans dégât pour les uns et les autres. A tous les suiveurs… faites attention, les chefs songent toujours à eux-mêmes en premier !
Dans une compétition il ne peut y avoir deux vainqueurs. Et si les deux leaders politiques étaient dans un jeu de bluff, en faisant accroire qu’ils sont prêts à faire des concessions et à se contenter de ce qui se profile à l’horizon d’après certains observateurs : la super présidence à Ramgoolam et l’assemblée nationale à Bérenger. Chacun a ses raisons. Ramgoolam peut craindre une défaite en 2015 et Bérenger n’est pas assuré d’une victoire. Donc, coupons la poire en deux ! A défaut de gagner sur tous les tableaux, on se partage le pouvoir et ainsi tout le monde est content… Fin de carrière digne et heureuse pour ces deux bêtes politiques et tous les suiveurs y trouveront leur compte, se rempliront les poches… jusqu’à la prochaine cassure et rebelote… une autre valse s’annoncera. Le peuple applaudira des deux mains pour encourager les danseurs !