Après quatre mois de dépréciation continue vis-à-vis d’un panier de devises fortes représentatif de notre commerce extérieur, la roupie mauricienne s’est renchérie en mai 2015, comme le démontre le Mauritius Exchange Rate Index (MERI), indicateur préparé par la Banque de Maurice (BoM) et dont les récentes évolutions ont été publiées ce matin.
Le MERI mesure d’une part les mouvements de la roupie vis-à-vis des monnaies de nos principaux partenaires commerciaux (MERI-1) et reflète, d’autre part, la répartition des devises dans nos échanges commerciaux et nos revenus touristiques (MERI-2). Dans les deux cas, on a observé une baisse le mois dernier, signe d’une appréciation de la roupie.
Le MERI-1 est passé de 103,709 points en avril à 101,956 points en mai. Cet indicateur était en hausse constante depuis le début de l’année, progressant de 9,33 points en l’espace de quatre mois. S’agissant du MERI-2, il s’établissait à 101,074 points en mai 2015 contre 102,707 points en avril. Sa progression depuis fin décembre 2014 a été de 8,89 points. Une augmentation des indices est synonyme de dépréciation de la roupie.
Les données compilées par la banque centrale montrent que le taux de change moyen de la roupie s’est amélioré le mois dernier même si, contre le dollar américain, la monnaie locale s’est légèrement affaiblie : de Rs 35,7023 au 30 avril à Rs 35,8774 au 29 mai. Contre l’euro, la roupie s’échangeait à Rs 39,2959 fin mai par rapport à Rs 39,6736 fin avril. Le taux de change concernant les autres devises a évolué comme suit : livre sterling (de Rs 55,0572 à Rs 55,0008), rand sud-africain (de Rs 3,059 à Rs 2,9863), yen japonais (de Rs 30,2958 à Rs 29,1725) et dollar australien (de Rs 28,6661 à Rs 27,6256).
Par ailleurs, la BoM rapporte que l’excès de liquidités dans le circuit bancaire a diminué d’environ Rs 2,1 milliards au cours de la seconde quinzaine de mai 2015 pour s’établir à Rs 14 milliards. La base de dépôts bancaires considérée pour l’exercice était de Rs 360,8 milliards. Les banques disposaient d’une moyenne de Rs 44,6 milliards sous forme de « cash balances », soit un montant bien plus élevé que le minimum requis (Rs 30,5 milliards).
Préoccupée par le haut niveau d’excès de liquidités dans le marché, la banque centrale s’est lancée depuis quelques mois dans la mise à exécution d’un programme spécial pour stériliser un montant d’environ Rs 20 milliards d’ici décembre prochain. La BoM avait indiqué, dans un communiqué officiel, qu’une réduction graduelle du volume d’excès de liquidités allait permettre au taux d’intérêt à court terme de prendre la bonne direction. En agissant sur les taux d’intérêt à court terme, les autorités bancaires estiment pouvoir être en mesure d’influer positivement sur la structure des taux d’intérêt pratiqués par le marché.