Le ministre de l’Industrie et du Commerce a, dans une déclaration au Mauricien hier, insisté sur l’importance d’une politique monétaire qui permet de protéger les consommateurs tout en favorisant la compétitivité des produits manufacturiers.
Cader Sayed-Hossen constate que depuis juin 2010 la roupie s’est appréciée de 5,7 % par rapport aux devises des principaux pays importateurs, à savoir la livre sterling, l’euro, le dollar américain et le rand sud-africain. La roupie a, d’autre part, enregistré une appréciation de 11 % par rapport aux devises des principaux concurrents de Maurice en matière de produits manufacturiers comme l’Inde, le Bangladesh, la Chine et Madagascar.
« Les entreprises orientées vers l’exportation ont un caractère stratégique dans l’économie mauricienne », dit le ministre. Le secteur manufacturier apporte une contribution de l’ordre de 18 % au Produit intérieur brut du pays. Il représente 80 % des exportations locales si on exclut les exportations du Port Franc. Ce secteur emploie quelque 55 000 personnes, ce qui représente 20 % des emplois dans le pays.
Cader Sayed-Hossen constate qu’en dépit de la crise économique internationale et de la crise financière, ce secteur a connu un taux de croissance de l’ordre de 6 % l’année derrière. Sa pérennité dépend de sa capacité de se diversifier, de la qualité des logistiques, de sa vitesse de réaction par rapport aux commandes, de sa flexibilité et de sa compétitivité par rapport aux principaux concurrents. Il estime toutefois que le mouvement des devises par rapport à la roupie n’a pas nécessairement favorisé la compétitivité des produits manufacturés à Maurice. La roupie s’est appréciée par rapport à la livre, le dollar, l’euro et le rand et s’est en même temps appréciée par rapport aux devises des concurrents de Maurice.
« La compétitivité des produits mauriciens ne relève pas uniquement des prix de ces produits mais également du taux de la roupie par rapport aux devises », a dit le ministre. Il estime que la politique monétaire ne doit pas mettre en péril le secteur manufacturier qui emploie une part importante de la main-d’oeuvre mauricienne. Cader Sayed-Hossen préconise un équilibre bien étudié entre la protection des consommateurs et les produits d’exportation et la compétitivité de la roupie.