Mais indépendamment des actions de la police sur le terrain, la perception des Mauriciens sur le taux de criminalité reste encore inquiétante. Statistics Mauritius, se fondant sur les résultats du Continuous Multipurpose Household Survey, révèle qu’en moyenne, huit Mauriciens sur dix, soit 78%, sont d’avis que cet indice de société a connu une dégradation, alors que 10% seulement trouvent que le pays a enregistré une baisse de criminalité.
Un autre point noir à ce tableau concerne les cas de brutalité policière. Le rapport de Statistics Mauritius est des plus catégoriques à l’effet que “in 2013, some 46% of the persons interviewed thought that police brutality was a serious issue in Mauritius compared to 41% in 2009. Those thinking it was not a problem at decreased by 7 percentage points from 30%  in 2009 to 23 % in 2013”.
Une indication que la police doit déployer des efforts supplémentaires pour faire oublier les séquelles des actes rapportés dans le passé et pour redorer son blason. D’ailleurs, un des programmes phares de la police, pour se donner une nouvelle image au sein de la population, les Community Policing Forum, est connu que de la moitié de la population, en l’occurrence 42% selon les derniers chiffres de Statistics Mauritius.
D’un autre côté, trois membres du public sur quatre, qui ont sollicité l’assistance de la police, se disent satisfaits des services offerts, notamment pour les formalités de passeport, de certificat de moralité ou de permis de conduire. Trois personnes sur cinq, qui ont eu à téléphoner à la police pour une urgence, font état de leur satisfaction avec la réponse à l’appel téléphonique intervenant en moins de 30 secondes.
Des 12 502 cas d’agression rapportés l’année, deux victimes sur trois sont des hommes et une sur deux a des liens de parenté avec son agresseur. “48% were assaulted in private households, 35% in public places and the remaining 17% in educational institutions and other places such as workplace, hospital, airport, concert, etc”, note Statistics Mauritius.
Compte tenu de la pression démographique, les deux districts les plus à risques sont Plaines-Wilhems avec 2 470 cas d’agression l’année dernière et Port-Louis (1 923). Si vous habitez ou vous vous trouvez à Rivière-Noire ou Moka, vous courez trois fois moins de risques d’être victime d’agression que dans les deux précédentes régions. D’ailleurs, sur les 96 cas d’agression mortelle l’année dernière, 23 ont été commis dans les Plaines-Wilhems et 22 à Pamplemousses contre deux et trois à Rivière-Noire et Moka respectivement.
Le nombre de cas de cambriolage a augmenté de 5% d’une année à l’autre avec une croissance de 15% dans les effractions aux domiciles et 10% dans les cas de vol de voitures. Le rapport officiel souligne que le nombre de cas commis dans des régions défavorisées a diminué de 40% en 2010 à 30% en 2013, alors qu’il a progressé de quatre points, de 13% à 17% dans des régions huppées au cours de la même période.
Sur la route, la tâche de la police a été grandement facilitée par l’installation de 36 Speed Cameras fixes. Les données compilées révèlent qu’en 2013, les contraventions dressées pour des délits sous le Road Traffic Act ont régressé à l’exception de l’excès de vitesse. Le nombre de procès-verbaux (211 263, soit 578 par jour) distribués par la police aux conducteurs ont baissé d’un point. Ce qui ne veut nullement dire que le conducteur est devenu plus discipliné à voir le nombre de chauffeurs de véhicules, y compris les autobus du transport en commun, accrochés à leurs téléphones cellulaires au volant sur la route. Et cela à toute heure de la journée.
Pourtant, combattre cette pratique dangereuse au volant était une des priorités de la police dans le cadre de la campagne de sécurité routière l’année dernière. Les autorités ont préféré changer leur fusil d’épaule pour cibler les piétons sur la voie publique. Le nombre de contraventions pour le délit de “making use of cellular phone whilst driving” est en baisse de 14,8%, soit 7 302, même pas une moyenne d’un procès-verbal par policier sur l’Establishment officiel.
Heureusement que les Speed Cameras ont sauvé la mise l’année dernière, avec 66 461 contraventions, soit 18,1% de plus que l’année précédente, avec un potentiel d’amende de l’ordre de Rs 135 millions. Dans la majorité des cas d’excès de vitesse, le chauffeur sanctionné ne roulait pas plus de 25 kilomètres par heure au-delà de la limite autorisée. Le plus grand nombre de cas a été enregistré dans les Plaines-Wilhems, dont des paiements d’amende au tribunal de Curepipe avec 25% et celui de Rose-Hill avec 21%.
A la fin de l’année dernière, 23 769 conducteurs avaient été pénalisés sous le permis à points, dont la grosse majorité, huit sur dix, à deux points. Par contre, 22 chauffeurs étaient déjà dans la zone rouge des 10 à 15 points. Les premiers retraits de permis devraient intervenir cette année.
Toutefois, la donne pourrait changer sensiblement en 2014 avec la prolifération de Speed Cameras sur les routes traquant et sanctionnant sans pitié tout excès de la vitesse autorisée