L’Association des consommateurs de l’île Maurice a plaidé hier devant le comité de politique monétaire de la banque de Maurice, pour une augmentation de 25 points de base du taux, ce qui aurait porté celui-ci de 4,65% à 4,90%. L’ACIM a également réclamé une réduction de la marge entre le taux d’intérêt à l’emprunt et celui à l’épargne.
Pour Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), une hausse du taux d’intérêt directeur s’impose afin d’encourager les épargnants et les inciter à placer leur argent dans des plans d’épargne bancaire au lieu de se tourner vers des plans de style “Ponzi” pour, finalement, devenir victimes d’arnaqueurs. Jayen Chellum a également argué qu’une augmentation du “Key Repo Rate” contribuerait à attirer plus d’investissements directs étrangers. Selon le secrétaire général de l’ACIM, le taux d’intérêt à l’épargne n’a cessé de diminuer ces dernières années avec, pour résultats, un repli de Rs 532 millions du niveau de l’épargne en 2013. « Cette situation a été décourageante pour les petits épargnants », a soutenu Jayen Chellum, qui observe que le taux à l’épargne a varié entre 2,5% et 3%, soit un niveau inférieur à celui de l’inflation.
Découragés, bon nombre d’épargnants ont effectué des retraits de leurs comptes bancaires pour faire des placements dans des plans du type “Ponzi” pour se retrouver ensuite victimes d’arnaqueurs. Ces victimes ont même emprunté des banques pour réinvestir ensuite l’argent dans des plans “Ponzi”. Selon Jayen Chellum, environ un milliard de roupies ont été placées dans ce type de plans.
Le secrétaire général de l’ACIM a fait ressortir qu’une augmentation du taux directeur « co-aiderait » dans la lutte contre l’inflation. « Inflation is expected to be higher this year. We cannot wait for an increase and act after », a-t-il soutenu, invitant le Monetary Policy Committee (MPC) à prendre les taureaux par les cornes. Se référant aux données de Statistics Mauritius concernant l’évolution de l’indice des prix à la consommation au quatrième trimestre 2013, Jayen Chellum a indiqué que la montée de l’indice est attribuable au renchérissement des prix du lait, des légumes, des cigarettes, des boissons alcoolisées, du prêt-à-porter, des chaussures, des honoraires de médecins, des véhicules et des billets d’avion. Les prix de certains produits – à l’instar des cigarettes et des boissons alcoolisées – ont pris l’ascenseur à la suite de la révision des droits d’accises alors que ceux du lait, du prêt-à-porter, des véhicules et des chaussures, entre autres, l’ont été en raison de l’inflation importée. « La tendance cette année est vers une hausse de l’inflation, notamment à partir de mars 2014, lorsque les prix de certains produits, dont le riz et les grains secs, commenceront à grimper », a-t-il laissé entendre.  
Jayen Chellum est par ailleurs d’avis qu’un relèvement du taux d’intérêt directeur permettrait de prévenir des pressions inflationnistes occasionnées par l’excès de liquidités sur le marché. « As a result of the excess liquidity, over Rs 8 billions according to the Bank of Mauritius, in the market, the potential risk of inflationary pressures is very high, if nothing is done. There need to be coordination between the Bank of Mauritius and the ministry of Finance to avert any time bomb that might be sitting in the market. One such decision would be an increase in the interest rate », a-t-il fait déclaré.
La direction de l’ACIM a également attiré l’attention des membres du MPC sur l’écart entre le taux d’intérêt à l’emprunt et celui à l’épargne, écart qui se situe entre 7 et 8%. Jayen Chellum a invité le MPC à considérer si cet écart est « conforme aux bonnes pratiques internationales ». Sinon, a-t-il demandé, pourquoi les banques commerciales sont « so special as to be exercising such a wide spread, specially and carrying it from year to year for several years » ? Pour lui, les profits réalisés par les banques commerciales sont une preuve que la marge pratiquée par ces institutions y joue un rôle prépondérant. L’ACIM a demandé à la Banque de  Maurice de voir comment contenir cette marge.
Selon le secrétaire général de l’ACIM, des membres du MPC ont observé que la situation concernant le grand écart entre le taux à l’emprunt et celui à l’épargne est une indication de la nature oligopolistique du marché local avec deux grandes banques contrôlant environ 70% du marché. A la BoM, indique Jayen Chellum, on annonce qu’un comité de travail s’est penché sur la question des frais et commissions, et que le problème de marge entre le taux à l’emprunt et celui à l’épargne est pris en compte.