Le gouverneur de la Banque de Maurice a préféré ce matin garder le suspense concernant la répartition du vote des membres du comité de politique monétaire de la BoM hier, laissant entendre que les détails seront connus à la publication, le lundi 2 avril, du Monetary Policy Statement.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
Au cours d’un point de presse au siège de la Banque de Maurice (BoM) tenu en compagnie de ses deux adjoints et de hauts cadres de la banque centrale, le gouverneur Manou Bheenick a fait savoir que tous les membres du comité étaient en faveur d’une baisse du taux d’intérêt directeur mais qu’ils n’étaient pas d’accord sur l’ampleur de cette baisse.
Au premier round du vote en question, il y avait, selon le gouverneur, un écart considérable entre les propositions des membres et il a fallu un second tour pour arriver à une décision.  Manou Bheenick a cependant indiqué que certains membres étaient en faveur d’une baisse moins importantes que les 50 points de base décidés par le MPC et qui a vu le taux directeur ramené de 5,4 % à 4,9 %.
Iqbal Belath, le second gouverneur adjoint, a déclaré qu’il y avait, selon les membres du MPC, « room for some adjustment » du taux d’intérêt directeur et que par ailleurs le marché était dans l’attente d’une réduction. « Il semblerait que le marché a été surpris par l’ampleur de la baisse », a estimé M. Belath qui a, dans la foulée, souhaité que la baisse du taux directeur soit traduite par une relance des investissements.
Manou Bheenick a déclaré que le MPC, en passant en revue la situation économique mondiale, a noté une amélioration au niveau des perspectives de croissance et qu’on s’attend à ce que ce développement ait des effets d’entraînement sur l’économie mauricienne. Cependant, les données actuelles tendent à indiquer que le taux de croissance avoisinerait les 3,8 % au lieu de 4,2 %, comme estimé au départ.
Le gouverneur de la BoM est d’avis que la situation concernant le chômage « n’est pas aussi mauvaise qu’on peut le penser ». Il y a eu, selon lui, créations nettes d’emplois en 2011, le nombre de Mauriciens et d’expatriés en emploi ayant augmentée. Le taux de chômage se situerait pour cette année à 8 %-8,1 % et Manou Bheenick juge qu’un tel taux « n’est pas dramatique ». Si l’on exclut les travailleurs expatriés, le taux de chômage tomberait à 7,5 %, a-t-il annoncé.
Toutefois, le gouverneur de la BoM reconnaît qu’il y a un problème de chômage structurel, surtout chez les jeunes. « Ce n’est malheureusement pas un problème que la politique monétaire peut régler », a-t-il ajouté. Pour ce qui est de l’inflation, Manou Bheenick a soutenu que les données sur les cinq derniers mois font voir que la tendance est à la baisse mais qu’il y a des soucis à se faire quant à l’évolution des prix des produits énergétiques. « Il se pourrait que la pression vienne de la facture pétrolière », a-t-il souligné.
Quant aux produits alimentaires, la tendance des prix en général a été ces derniers mois à la baisse mais Manou Bheenick dit craindre qu’une reprise de l’économie globale ne provoque une hausse des prix des denrées, ce qui aura des incidences sur l’inflation importée. Le gouverneur de la Banque centrale s’inquiète par ailleurs de la chute de l’épargne nationale de 28 à 14 % et est d’avis qu’on « ne peut se permettre d’avoir un taux négatif sur l’épargne. Si les gens ne sont pas encouragés à épargner, ils seront forcés de consommer et cela va affecter davantage le déficit de notre commerce extérieur ».