La Federation of Hotels Taxis Association (FHTA) a tenu, comme prévu ce matin, son opération escargot dans la capitale. Selon la police, cela a eu un impact négatif conséquent sur la circulation, surtout à l’entrée de Port-Louis. Les automobilistes venant du nord et de l’ouest ont été les plus affectés, certains ayant mis deux heures pour rejoindre la capitale. Les chauffeurs de taxis d’hôtel entendaient ainsi protester contre « l’indifférence du gouvernement » quant à la situation et, surtout, contre les propos d’Anil Gayan à l’effet que ce métier « ne survivra pas » dans le modèle touristique actuel.
Ils sont environ 1 400 taximen regroupés au sein de la FHTA, concernés par ce problème. Depuis l’application de la formule “All-Inclusive” dans les hôtels mauriciens, ils peinent à trouver des clients. Des forfaits incluant le transport sont proposés aux touristes par les tour-opérateurs. D’ailleurs, il y a quelques semaines, le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a confirmé cette pratique. Il répondait ainsi à une question de Rajesh Bhagwan, qui voulait savoir pourquoi les hôtels n’ont pas mis en place un Taxi Information Desk, comme décidé par le conseil des ministres l’année dernière. A une question supplémentaire, Anil Gayan devait également déclarer : « As I say, the Economic Model for taxi associations base at the hotels is something not going to survive (…) this is unfortunately the only country in the world where we have taxi base at hotels… »
La FHTA reproche ainsi au ministre de Tourisme de « mettre leur avenir en jeu ». Yashpal Murrakhan, le président, rappelle que « c’est justement pour évoluer » que la fédération a demandé l’aménagement de comptoir de taxis pour servir les clients. Mais beaucoup d’hôtels résistent encore à cette décision, pourtant prise par le conseil des ministres.
Lors de l’opération de ce matin, les taximen sont venus des quatre coins de l’île pour un grand rassemblement au Champ de Mars. Ils se sont regroupés à divers endroits sur l’autoroute avant de descendre sur la capitale. Le sergent Barlen Moonsamy explique : « Cette opération a eu un impact sérieux sur la circulation. Cela aurait pu être pire si on n’était pas en période de vacances scolaires. »
Ce sont les régions du nord et de l’ouest qui ont été les plus affectées, de par le nombre de taxis qui roulaient vers la capitale. Une partie des taxis venant de l’est sont aussi passés par cette région pour rejoindre Port-Louis. « Les taxis du nord s’étaient regroupés à Beau-Plan avant de prendre la route de Terre-Rouge. Il y a eu là de gros embouteillages. Dans l’ouest, ils s’étaient réunis à Bambous. Lorsqu’ils ont pris la route de Petite-Rivière pour déboucher sur la Montée S., cela a provoqué un gros embouteillage. Pour ceux venant du sud, il y a eu aussi un ralentissement, mais moins compliqué que dans les autres régions. »
Des automobilistes qui se trouvaient dans la circulation pendant l’heure de pointe ont ainsi rencontré beaucoup de difficultés pour entrer dans la capitale. Ceux venant du nord ont ainsi mis plus d’une heure de Terre-Rouge à Port-Louis. D’autres ont mis plus de 30 minutes de Pailles/Plaine-Lauzun au centre-ville, alors que le trajet initial est d’environ 10 minutes.
Le sergent Barlen Moonsamy souligne que des sanctions ont été prises dans les cas d’obstruction flagrants. « Pour ceux qui roulaient doucement, on ne pouvait rien faire. Mais il y a eu des cas où trois taxis avaient bloqué les trois voies alors que la route était libre devant eux. Dans ces cas précis, il y a eu des contraventions pour obstruction de la voie publique. Il y a eu aussi des cas de simulation de panne, que nous avons repérés sur les caméras de la police. Nous avons envoyé le remorqueur de la police sur place. Dans certains cas, il s’agissait de voitures neuves qui se sont remises à rouler toutes seules à l’arrivée du remorqueur. »
Vers 10h, la circulation était encore au ralenti. Mais « la police contrôle la situation », a assuré le sergent Moonsamy. Il souligne également que plusieurs unités de police étaient mobilisées sur le terrain pour gérer la situation.