Les chauffeurs de taxi des hôtels, réunis lundi au siège de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) à Port-Louis, se rassembleront ce vendredi au Jardin de la Compagnie à Port-Louis. À partir de 14 h, ils dénonceront le laxisme des autorités face à leur situation « de plus en plus précaire » notamment à cause de la concurrence déloyale.
« Anil Bachoo ek National Transport Authority (NTA) zot prisonie de bann Tour Operater ek Sekter Prive », estiment les chauffeurs de taxi des hôtels. Revenant sur l’anarchie qui règne dans ce secteur, pointant du doigt spécifiquement la concurrence déloyale qui y règne, les associations de chauffeurs de taxi annoncent leur regroupement au sein d’une fédération. « Nous réunirons nos forces afin de mener à bien ce combat », ont-ils lancé ce matin. Ainsi, leur première initiative, prévue ce vendredi à Port-Louis, est la mobilisation de tous les chauffeurs de taxi des hôtels. Selon ces derniers, ils seraient 1 113 à pratiquer ce métier. Soutenus par le syndicaliste Atma Shanto, président de la FTU, ils sont revenus sur une réunion avec les ministres Bachoo (Infrastructures publiques), Aimée (Administration régionales) et Sik Yuen (Tourisme), des représentants de la force policière ainsi que ceux de la NTA. Pour ces chauffeurs, la réunion qui a eu lieu l’année dernière n’a pas eu l’effet escompté. « Zot ti demann nou enn mwa pou sort out nou problem. Me un an finn pase, zero plonbaz », arguent-ils.
Des particuliers, des contract taxis ainsi que d’autres chauffeurs exerçant à l’aéroport sont responsables de cette situation difficile, soutiennent-ils. « Zot opere ilegalman, an deor de zot baz de travay alor ki nou, nou pa pe kapav roule », disent certains. Un chauffeur de l’hôtel Shandrani affirme que « parfwa ena sofer airport zot pran klian airport ek pandan enn semenn zot ale vini lotel nek fer zot kours ». Un autre déclare que la faute en revient aux Tour Opérateurs qui revendent des excursions au détriment des chauffeurs de taxi.
Atma Shanto réclame un « changement en profondeur » au sein de la NTA afin de « faire bouger les choses ». Indirain Anacootee, membre de l’Association de Taxi des hôtels de Flic-en-Flac, indique par ailleurs que lors de la réunion entre les stakeholders l’année dernière, les associations de chauffeurs de taxi ont proposé que les contract taxis aient des notices sur leurs véhicules indiquant la nature de leurs opérations, « mais sans succès ». Busheer Moideen, chauffeur de taxi à Long Beach, affirme que la situation est tellement critique que de nombreux chauffeurs n’arrivent plus à rembourser leurs prêts bancaires. « Nous sommes les victimes collatérales de l’endettement parce que les autorités n’agissent pas afin de sauvegarder notre emploi », dit-il. La Fédération des chauffeurs de taxi des hôtels compte prendre des « mesures drastiques » si la situation perdure.