Paradoxe de notre temps : tandis que nos appareils high-tech rétrécissent à vue d’oeil, certains de leurs composants, eux, ont plutôt tendance à prendre de l’embonpoint. C’est notamment le cas des capteurs de nos appareils photos.
La guerre des megapixels est enclenchée depuis quelques années déjà. Véritables trompe-l’oeil, ces caractéristiques (affichées sur les étiquettes accompagnant appareils photos, tablettes et autres smartphones) perdent pourtant de plus en plus de leur intérêt, distrayant les consommateurs lambda que nous sommes en vantant des mérites inéluctablement dissociés du véritable enjeu technologique des produits convoités : leurs composants. Car c’est bien de ces derniers que tient véritablement la réelle précision des sujets capturés, et de rien d’autre. La taille du capteur est en effet bien plus importante que le nombre de megapixels, même si ceux-ci servent encore de mètre étalon à nombre de fournisseurs attitrés. C’est un fait : les capteurs n’ont de cesse de grossir, pour des produits – et c’est bien là le paradoxe – engagés de plus en plus dans une bataille sans merci pour une plus grande miniaturisation.
Pour illustrer cette nouvelle réalité, prenons le cas des smartphones d’Apple. À bien y regarder, la partie des fiches techniques de l’iPhone 4S et du 5S consacrée aux capteurs embarqués se ressemblent à s’y méprendre, faisant dire aux détracteurs de la marque à la pomme – argumentaire pour le moins facile – que le nombre de pixels des capteurs est identique. Pas d’évolution, donc ! En fait, la réalité est totalement différente. Car le capteur du 5S est 20% plus grand que son prédécesseur. Et le résultat, en termes de qualité des clichés, se voit immédiatement.