Maurice et d’autres pays opérant dans le secteur des TIC font face à un même problème : le manque de main-d’oeuvre qualifiée pour saisir les opportunités que présente cette industrie en constante évolution. Ainsi, le recyclage professionnel devient un élément important pour ceux qui sont déjà dans le secteur. C’était un des thèmes abordé lundi soir lors d’un forum organisé par le Amity Institute of Higher Education à Henessy Park à Ebène.
Ken Arian, président de l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), a expliqué lors de son intervention l’importance du recyclage professionnel pour les TIC. « Il nous faut des personnes qualifiées pour que l’industrie puisse se développer de manière plus forte », dit-il. Selon lui, une main-d’oeuvre professionnelle recyclée est nécessaire pour répondre à la quatrième révolution industrielle.
Abordant les modifications qui s’opèrent dans la façon de travailler et la direction que prend une carrière, Ken Arian avance que ces changements sont menés par l’innovation technologique et exigent des compétences encore plus pointues. Il a soutenu ses propos par un rapport de l’OCDE selon lequel un adulte sur quatre n’a pas les compétences adéquates pour le travail qu’il est appelé à effectuer. Or, en 2020, l’industrie nécessitera encore d’autres compétences. « C’est maintenant le moment d’investir pour améliorer les compétences et les capacités de tous les domaines de la main-d’oeuvre », dit-il. Ken Arian mentionne également la formation des employés dans l’industrie tout au long de leur carrière pour qu’elle puisse continuer à disposer de nouvelles compétences.
Ken Arian souligne que les compétences actuelles ne tiendront sans doute pas la route pour longtemps. Pour lui, ceux concernés par l’éducation doivent mieux comprendre quelles sont les compétences qui existent parmi la main-d’oeuvre adulte. De ce fait, on pourrait mieux cerner les manquements et trouver des moyens de recyclage pour des nouvelles opportunités de carrière. « Le recyclage demande un bon équilibre entre théorie et application des méthodes d’apprentissage », dit-il. Ken Arian avance qu’il est également important d’instaurer une culture d’apprentissage.
Pour l’intervenant, Maurice peut s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres pays, notamment à travers la formation en ligne pour améliorer les compétences de ceux qui sont au chômage. Si les institutions à Maurice offrent des cours de formation aux jeunes pour répondre aux besoins de l’industrie, le président de l’OTAM avance qu’il est aussi important de focaliser sur le recyclage de la main-d’oeuvre existante car la numérisation intègre toutes les industries. « La formation de jeunes ne sera pas suffisante pour répondre aux défis », dit-il.
De son côté, Yogida Sawmynaden, ministre de la Technologie, soutient que le secteur des TIC est en croissance. « Cela est possible grâce à la formation de notre capital humain à travers des investissements », dit-il. Il fait ressortir que le gouvernement investit dans les infrastructures, qui sont « une condition préalable pour créer un environnement d’innovation à Maurice. » En ce sens, il avance que le National Innovation Framework sera bientôt lancé et établira une feuille de route pour la croissance. Ce document comprendra le financement des recherches, la collaboration pour la recherche et le développement entre les entreprises et les institutions éducatives, les incitations fiscales aux innovateurs. Le Mauritius Research Council apporte la touche finale avant son lancement. Parlant du changement d’appellation du Mauritius Research Council (MRC) qui deviendra le Mauritius Research and Innovative Council (MRIC), Yogida Sawmynaden avance que le conseil d’administration de cette instance sera composé d’acteurs du secteur privé.
Par ailleurs, grâce au nombre croissant d’emplois qui se présenteront à l’avenir, Yogida Sawmynaden trouve qu’il est mieux de choisir des matières appropriées, telles la science, les mathématiques, l’ingénierie. Il regrette qu’une bonne partie des élèves soit trop académique et manque de compétences réelles. Ainsi, cela exerce de la pression sur les entreprises. « Nos universités devront s’adapter aux nouvelles exigences », dit-il.
Selon ses prévisions, le nombre d’employés dans le secteur des TIC augmentera à 50 000 d’ici 2030. Pour consolider ce secteur et la connectivité internationale avec le nombre de personnes qui s’y ajouteront, Yogida Sawmynaden évoque la venue de deux autres câbles optiques sous-marins. Le ministre des TIC souligne que les revenus émanant des services offerts par les entreprises dans les TIC à l’étranger sont estimés à Rs 5,4 milliards en 2016.