Didier de Senneville, directeur de Publi Promo, est le deuxième des cinq nominés mauriciens du Tecoma Award 2011 que nous présentons à nos lecteurs, après Pierre Ah Sue, directeur de Sotravic Ltée, mercredi. 

« Créer une manifestation peut changer la face du monde ! » Tel est le leitmotiv de Didier de Senneville, 58 ans, pour décrire son entreprise et souligner son importance pour l’économie de Maurice. Rare diplômé mauricien de Sciences Po Paris, promotion 72, Didier de Senneville décide de rentrer à l’issue de son cursus. Ce benjamin d’une fratrie de quatre garçons décide, après un court passage à IBL, de créer Publi Promo en 1979. Cette entreprise est dédiée à la publicité et à la promotion. La passion pour la communication et surtout le manque de capital pousse l’entrepreneur à se tourner vers cette activité de services. Et c’est avec un investissement initial de 1 000 roupies qu’il créait sa société. Le secteur mauricien de la publicité en est alors à ses balbutiements. Les entreprises restent au niveau de la réclame et ne montrent que peu d’intérêt pour la publicité. Insatisfait intellectuellement de son travail, Didier de Senneville se tourne vers l’organisation de salons. 1983 est l’année charnière pour Publi Promo qui est chargée d’organiser le salon du textile mauricien, le Sitex. L’entreprise travaille avec le ministère du Commerce, la MEPZA (Mauritius Export Processing Zone Association), l’ancêtre de la Mexa (Mauritius Export Association), et la banque HSBC. C’est un succès éclatant, d’autant que « personne n’y croyait », avoue avec un sourire le directeur général de Publi Promo. L’hôtel Trou-aux-Biches avait été obligé de transformer des chambres en stands. Plus de 300 acheteurs étrangers s’étaient déplacés.
Ce salon aura un impact considérable pour l’industrie textile mauricienne. En 1983, des 40 usines textiles présentes à Maurice dans ce secteur, 30 seront au Sitex. Et dès 1987, on comptera 650 usines qui auront jusqu’à 100 000 salariés. Les fabricants de l’île sont submergés par les commandes. Didier de Senneville avoue sans fausse modestie avoir participé au décollage de la zone franche de Maurice. Après cette belle réussite, il s’implique dans l’organisation d’autres salons qui s’enchaînent alors : industrie, agriculture, auto-moto, maison et Millénium. Ils représentent aujourd’hui 90% de l’activité de l’entreprise. Cette réussite insolente repose sur une organisation managériale horizontale qui permet à chaque employé de gérer un dossier. Le facteur confiance est un élément essentiel pour contacter et rassurer les autorités et les associations des secteurs économiques visés. La société compte aujourd’hui 10 salariés et de nombreux prestataires qui s’affairent lors des salons. « C’est comme une pièce de théâtre, on travaille pour assurer la représentation, livrer le produit au jour J. » Cette position essentielle lui permet d’être un observateur avisé de l’économie de l’île. « Publi Promo accompagne et précède les tendances. Nous sommes là pour dynamiser le secteur concerné, contribuer au marché et… remplir les carnets de commande. » Suite à cette réussite à Maurice, l’entreprise se diversifie rapidement à l’international. « Le marché mauricien est trop étroit. » Il organise des salons à Madagascar en 1992, en Afrique du Sud en 1993, en Zambie et à La Réunion. En 2003, il est chargé de préparer à Maurice le salon de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) qui soutient les économies des pays africains en leur facilitant l’accès au marché américain. Didier de Senneville vise l’organisation de conférences internationales. « Les structures hôtelières et d’accueil sont là. Quant aux dessertes aériennes, elles se renforcent. Alors oui, « the next frontier » est l’organisation de conférences internationales ! », souligne cet éternel optimiste.  
Jean-Michel Durand