Mauritius Telecom (MT), dont les actions sont détenues par le gouvernement à hauteur de 60 % – les autres 40 % l’étant par France Telecom –, passe désormais sous la tutelle du ministère des Technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est l’annonce faite hier soir par le ministre Tassarajen Pillay Chedumbrum au lancement des iPhone 5S et 5C à l’Orange Shop de Bagatelle.
Cette annonce de Tassarajen Pillay Chedumbrum en a étonné plus d’un. Du côté de MT, certains affirment ne pas être au courant de cette importante nouvelle, mais du côté du ministère, on soutient le contraire. Certaines sources affirment que les « discussions » ont débuté fin novembre tandis qu’au niveau de MT, d’autres soutiennent que la nouvelle a commencé à circuler depuis le début de la semaine.
Le ministre des TIC a lui même affirmé hier soir au lancement des iPhone 5S et 5C – en présence du président du conseil d’administration Asraf Dulull et du CEO Sarat Lallah – que cette décision a été prise par le Conseil des ministres vendredi dernier. Expliquant cette décision, Tassarajen Pillay Chedumbrum explique qu’il s’agissait de « corriger une anomalie », étant donné que MT ne répondait à aucun ministère, étant owned par l’État à 60 %. Un des dossiers sur lesquels l’accent sera mis est la bande passante, dont il s’agira d’augmenter l’année prochaine la capacité de même que l’accessibilité aux produits informatiques et les dernières technologies. Tassarajen Pillay Chedumbrum, qui avait habitué les journalistes à des déclarations fracassantes – voire à de sévères critiques à l’encontre de l’opérateur historique (notamment concernant la saturation du réseau lors des inondations en février dernier, la situation des travailleurs contractuels, ou encore le « retard » de la mise en application du plan de numérotation à huit chiffres) –, a adopté une attitude moins hostile et plus souple à l’égard de l’opérateur. Il était même en aparté durant la soirée avec le CEO Sarat Lallah.
La Mauritius Telecom Employees Association (MTEA) sollicite du coup, dans une lettre adressée hier au ministre des TIC, une réunion tripartite entre le ministère, la direction de MT et le syndicat pour discuter de plusieurs sujets, notamment de la révision des salaires, l’actionnariat à tous les employés de MT, la restructuration, la gestion de la compagnie, le recrutement et les conditions de service à Maurice Telecom Services. Sollicité, Raj Ragoonath, président de la MTEA, dit accueillir favorablement le fait que MT passe sous la tutelle du ministère des TIC. « Nous sommes conscients du fait que le ministre des TIC a à coeur les conditions d’emploi et l’amélioration du service. On se souviendra de son intervention dans le cadre de la régularisation des contractuels de MT, ce qui est la preuve de son sérieux », affirme notre interlocuteur. Pour sa part, Georges Christine, président de la Telecommunications Workers Union, affirme que cette décision relève du « business as usual ».