Ancien président du Front commun des syndicats de la Poste (FCSP), Ootesh Ramcharitar, qui a pris sa retraite il y a quelques mois de la Mauritius Post Ltd, critique sévèrement la gestion de cette entreprise “corporatisée” en 2003, mais qui appartient toujours à l’État. « J’avais alerté l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, et je l’ai à nouveau fait avec sir Anerood Jugnauth, mais j’attends toujours. Il ne se passe rien de positif à la Mauritius Post qui, selon moi, finira comme la Development Works Corporation (DWC) si elle n’est pas restructurée », prévient-il.
Selon Ootesh Ramcharitar, à la Mauritius Post Ltd (MPL), « zot fer tou seki dan lintere ban politisyen », ajoutant : « On recrute à gauche et à droite. Il y a trop d’ingérence politique et une politique de victimisation dans l’exercice de promotion […] Personne aujourd’hui, au sein de cette entreprise, n’est préoccupé par l’intérêt de la Mauritius Post et de son avenir. J’avais organisé un atelier de trois jours en 2007 où il y avait eu des recommandations. Mais le rapport dort toujours dans un tiroir quelque part. » Et d’affirmer que la situation à la MPL est « catastrophique », disant attendre une restructuration « depuis dix ans ».
Ootesh Ramcharitar dénonce « l’ingérence politique au sein de cette organisation ». Il s’interroge sur la nomination de la nouvelle Chairperson Usha Brijmohun qui, selon lui, « est une nominée politique ». Il poursuit : « Je demande à Roshi Bhadain, qui parle tant de transparence et de bonne gouvernance, de rendre publiques les qualifications de cette personne qui est appelée à gérer la MPL et de dire quelles sont ses propositions. » Et de dire ensuite « lancer un défi au ministre de venir dire que cette nomination a été faite dans la transparence ». Selon lui, nombreux sont les anciens officiers de la Poste qui se sont retirés « et qui auraient pu occuper le poste de Chairman », estimant que ces derniers, « au moins, connaissent leur travail ». Ootesh Ramcharitar critique également l’ancien président Arnaud Godère, qui a occupé ce poste pendant cinq ans. « Qu’a-t-il fait pour l’avancement de la MPL ? », s’interroge-t-il. « Si mo ti fie lor CEO Giandeo Moteea et lor Goder, batiman GPO ti pou ale sa », ajoute-t-il.
Au niveau de l’exercice des promotions à la MPL, l’ancien président du FCSP trouve « honteux » qu’un employé « ait bénéficié de sept “increments” » et que le nombre d’Area Managers « soit passé de trois à quatre ». Il reprend : « C’est un exercice purement politique. Je lance un défi aux dirigeants de la Poste de venir prouver le contraire. Ena dimounn ban senior most, trwa fwa zot al dan interview, trwa fwa zot tombe. »
Comme propositions, Ootesh Ramcharitar estime que la MPL doit avoir, à sa tête, « quelqu’un qui comprend les besoins de cette organisation, qui peut rejeter toute ingérence politique et qui peut la guider vers un avenir serein », avant de lâcher : « Les services additionnels offerts par la MPL – tels le paiement de la pension et autres factures des utilités publiques – sont appelés à diminuer avec le temps. Comment survivre face à une telle situation ? »